Savoir : propreté et risques liés aux fontaines à eau

Pour mieux comprendre l’image que renvoient nos fontaines à eau, il suffit de se souvenir d’un instant de soif intense : la tentation d’une gorgée fraîche peut être anéantie par la vision d’un chewing‑gum mâché ou de moisissure collée autour du bec verseur. Ce réflexe de recul illustre un problème plus large : ces points d’eau publics, loin d’être anodins, peuvent abriter une diversité microbienne préoccupante.

Les écoles publiques renoncent souvent aux fontaines à eau
Des études et signalements ont mis en évidence des cas où les fontaines scolaires étaient plus contaminées que les sanitaires de l’école, ce qui alerte sur les pratiques d’entretien et d’hygiène (voir l’étude universitaire ici : https://sites.psu.edu/siowfa15/2015/09/17/are-drinking-fountains-safe-to-drink-out-of/).
Parmi les agents retrouvés sur ou autour des becs verseurs figurent :
- E. coli
- Coliformes (liés à des contaminations fécales possibles)
- Legionella — bactérie responsable de la légionellose (informations : https://www.cdc.gov/legionella/about/index.html)
En 2019, des toggles de fontaines ont été pointés du doigt dans la propagation d’un norovirus dans un district scolaire du Colorado (reportage : https://www.nbcnews.com/health/health-news/suspected-norovirus-outbreak-shuts-down-colorado-school-district-n1088821), montrant que le risque ne se limite pas toujours à la qualité de l’eau elle‑même mais aussi aux surfaces touchées par de nombreux usagers.
Des cas de contamination chimique ont aussi poussé des districts scolaires à désactiver des fontaines. À Baltimore, l’utilisation des fontaines a été arrêtée après la découverte de niveaux élevés de plomb remontant aux années 1990 ; dix ans plus tard, des dispositifs supposés rester hors service avaient été remis en service, exposant possiblement des élèves au métal (enquête : https://www.npr.org/2016/03/16/470512927/before-flint-lead-contaminated-water-plagued-schools-across-u-s).
De la même manière, des tests effectués à Détroit ont révélé en 2018 que 16 fontaines sur 24 présentaient des niveaux dangereux de plomb et de cuivre, souvent liés à la corrosion des canalisations (reportage : https://www.usatoday.com/story/news/nation-now/2018/08/29/detroit-school-drinking-water-shut-off/1137785002/).
Un examen à l’échelle nationale a montré que la gestion de ce risque est inégale : une étude gouvernementale couvrant des districts scolaires dans 31 États et Washington D.C. indiquait en 2018 que 22 États ne prenaient pas suffisamment de mesures pour protéger les élèves contre l’eau contaminée et qu’à peine 43 % des districts déclaraient tester leur eau pour le plomb (source : https://www.cbsnews.com/news/report-finds-widespread-lead-contamination-of-drinking-water-in-us-schools/).
- Les fontaines à eau peuvent héberger des bactéries et des virus transmis par contact.
- Le plomb et le cuivre provenant des canalisations constituent des risques chimiques sérieux.
- La fréquence et la qualité des tests varient fortement d’un district à l’autre.
Cette synthèse met en lumière pourquoi la question des fontaines à eau mérite une attention continue, tant pour la prévention microbienne que pour la surveillance des contaminants chimiques, et prépare la lecture des solutions et bonnes pratiques abordées dans les sections suivantes.
