Victoria et les attentats répétés contre la monarchie
On pourrait croire que la royauté ne connaît que privilèges et faste, mais le règne est aussi exposé aux violences politiques. L’expression «assassinat reine Victoria» résume une réalité : durant ses quarante-deux années de règne, la souveraine fut la cible d’au moins huit tentatives visant à écourter sa vie ou à la frapper symboliquement.

Beaucoup de ces actes visaient à secouer l’ordre social plutôt qu’à accomplir un chef-d’œuvre de précision meurtrière. Sept des huit tentatives impliquaient une arme à feu, mais les défaillances techniques, les maladresses et les réactions du public jouèrent souvent en faveur de la reine.

Voici les épisodes marquants, qui dessinent un tableau surprenant des motivations et des conséquences de ces attaques :
- Edward Oxford : tira deux fois à moins de vingt pieds et manqua à chaque coup. Il fut détenu puis envoyé en exil lointain.
- John Francis : première tentative avec une arme qui rata sa cible puis une seconde, de nouveau manquée ; il fut également banni.
- John William Bean : arme défectueuse, échec répété ; condamné aux travaux forcés.
- William Hamilton : tira mais affirma que son pistolet ne contenait qu’une cartouche à poudre (sans balle) ; malgré cela, il fut expulsé du royaume.
- Robert Pate : unique agresseur ayant physiquement blessé la reine en la frappant avec une canne ; Victoria protesta ne pas être blessée, mais porta ensuite un hématome notable et un œil au beurre noir. Pate fut envoyé en colonie pénitentiaire.
- Arthur O’Connor : sauta la palissade de Buckingham Palace et se retrouva à un pied de la reine, son pistolet étant pourtant cassé et inutilisable ; il termina exilé.
- Roderick Maclean : tira sur la reine lors d’une sortie accueillie par les chants d’Éton ; il manqua sa cible et fut roué de coups par des élèves qui utilisèrent leurs parapluies avant son arrestation. Maclean passa le reste de sa vie interné dans un établissement psychiatrique.

Ces affaires montrent une diversité d’acteurs — de l’individu isolé au déséquilibré en passant par le révolté — et des sanctions allant de la prison et des travaux forcés à l’exil ou à l’internement. Malgré ces agressions répétées, la reine poursuivit son règne jusqu’à son décès, à l’âge de 81 ans, laissant derrière elle l’image d’une souveraine que la violence publique n’avait pu faire tomber.
