Histoire
Dans cette section, nous examinons comment la lutte contre la variole a façonné les débuts de la vaccination et les figures qui ont rendu possible la protection de millions de vies. Le récit alterne témoignages, pratiques anciennes et percées médicales qui ont transformé une menace millénaire en une victoire de la santé publique.

On estime que la vaccination sauve chaque année entre deux et trois millions de vies, tout en limitant la propagation de virus parmi les plus meurtriers du monde (source citée dans les textes historiques). Toutefois, l’accès inégal aux vaccins demeure une réalité : encore aujourd’hui, environ 1,5 million de personnes meurent de maladies évitables par la vaccination dans le monde.

La variole, autrefois surnommée « le monstre tacheté », a été l’un des fléaux les plus dévastateurs pour l’humanité. Selon des archives historiques et des institutions de santé, le dernier décès dû à la variole remonte à 1978. Pourtant, les traces de maladie remontent bien plus loin : des bilans mortels attribués à la variole existent depuis 1157 av. J.-C., et la maladie a continué à décimer des populations pendant des siècles, y compris lors des retours de soldats des croisades et lors des rencontres entre Européens et peuples d’Amérique, où l’absence d’immunité locale a eu des conséquences catastrophiques.

Plusieurs pratiques de variolisation existaient dans diverses sociétés anciennes, mais c’est au XVIIIe siècle qu’une femme anglaise, Lady Mary Wortley Montagu, joua un rôle majeur pour faire connaître et promouvoir cette méthode en Europe. Ayant vécu la variole dans son entourage proche, elle observa en Anatolie une pratique consistant à introduire volontairement une forme atténuée de la maladie pour conférer une protection. De retour en Angleterre, elle fit inoculer ses propres enfants et milita pour la généralisation de la technique, malgré le scepticisme et les moqueries d’une partie du corps médical de l’époque.
Points clés à retenir :
- La variolisation existait sous diverses formes bien avant le XVIIIe siècle.
- Lady Mary Montagu popularisa la pratique en Grande-Bretagne en partageant son expérience et en faisant inoculer sa famille.
- La reconnaissance publique et scientifique de ces pratiques resta lente et controversée.

La percée décisive survint en 1796, lorsqu’Edward Jenner, médecin de campagne anglais, réalisa une série d’expériences montrant qu’une exposition contrôlée à un agent apparenté de la variole — issu des vésicules de cowpox — protégeait efficacement contre la variole elle‑même. Son essai le plus célèbre impliqua un jeune garçon, James Phipps, et servit de modèle pour la pratique de la vaccination. L’exemple de Jenner inspira d’autres médecins et ouvrit la voie au développement progressif de vaccins contre de nombreuses maladies qui, jusqu’alors, faisaient des ravages : coqueluche, poliomyélite, rougeole, oreillons, pour n’en citer que quelques-unes.
Si la contribution de Jenner est souvent mise en avant comme l’étape fondatrice de la vaccination moderne, il est important de reconnaître aussi l’influence de pionniers moins célébrés — dont Lady Mary Montagu et les praticiens anonymes de traditions anciennes — qui ont préparé le terrain pour ces découvertes.
