Implant cérébral : un scientifique lutte contre l’alcoolisme

par Olivier
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Implant cérébral : un scientifique lutte contre l'alcoolisme
Canada

Science

Pour mieux comprendre les usages contemporains de l’implantation neuronale, voici le récit d’une intervention expérimentale visant à traiter un alcoolisme sévère par stimulation cérébrale profonde, et les résultats observés chez le patient.

La démarche employée par l’équipe de recherche pouvait se résumer de manière imagée :

  • Reconnaître la dépendance et son emprise sur la vie du patient.
  • Procéder à une intervention chirurgicale pour implanter des électrodes dans le cerveau, destinées à délivrer des stimulations électriques continues.
  • Suivre l’évolution sur le long terme en espérant une réduction durable du comportement addictif.

Aiguille dans le cerveau

La technique utilisée est la stimulation cérébrale profonde (deep brain stimulation, DBS) : on perce deux trous dans le crâne — décrits comme « de la taille d’une pièce » — puis on implante deux électrodes dans des zones ciblées du cerveau. Ces électrodes délivrent des impulsions électriques censées moduler les circuits neuronaux impliqués dans le comportement addictif.

Frank Plummer

Extrême ? Certainement. Expérimental ? Sans aucun doute. Valeur thérapeutique ? Les premiers retours sont nuancés. Le patient, un virologue de renom ayant souffert d’une dépendance grave, a rapporté une diminution de la compulsion à boire sans pour autant atteindre l’abstinence complète : il ne consommait plus quotidiennement et s’arrêtait généralement au bout de « trois ou quatre » verres.

Plusieurs éléments du parcours du patient peuvent éclairer l’origine de son alcoolisme :

  • Des expériences professionnelles marquantes lors des années 1980 en recherche sur le VIH/sida, notamment la démonstration de la transmission par l’allaitement et l’identification de formes d’immunité naturelle dans certains groupes exposés.
  • Le traumatisme et la confrontation à la mort et à la souffrance, que le patient a lui-même évoqués comme facteurs ayant contribué à sa dépendance.
  • Un antécédent de transplantation hépatique en 2014, après lequel la consommation d’alcool persistait malgré les soins reçus.

La littérature et les comptes rendus médiatiques soulignent que les effets à long terme de la stimulation cérébrale profonde sur l’alcoolisme restent incertains. Pour référence, un article détaillé sur l’intervention et son suivi est disponible ici : OneZero.

Enfin, les rapports indiquent que le chercheur est décédé le 4 février 2020 à l’âge de 67 ans d’un infarctus alors qu’il se trouvait au Kenya ; cet élément met fin au suivi clinique et laisse la question des bénéfices durables de l’implant cérébral en suspens (source : BBC).

Cette histoire illustre à la fois le potentiel et les limites actuelles des interventions neurologiques sur les comportements addictifs, et souligne la nécessité d’études contrôlées et d’un suivi prolongé pour évaluer la place de l’implant cérébral dans la prise en charge de l’alcoolisme.

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