Le refus de Jet Li : défendre son peuple plutôt qu’un homme
Pour replacer cette anecdote dans son contexte : en 1974, le jeune Jet Li, alors âgé de 11 ans, dominait la scène du wushu chinois. Sacré champion national toutes catégories pendant cinq années consécutives, il partit en tournée avec l’équipe de wushu de Pékin dans une quarantaine de pays, dont une escale à Washington D.C., où il rencontra le président Richard Nixon et le secrétaire d’État Henry Kissinger.

Cette visite eut lieu à un moment où la présidence américaine vacillait : confronté au scandale du Watergate et à une pression politique immense, Nixon donna des signes évidents d’instabilité — paranoïa et consommation excessive d’alcool ont été rapportées par la presse de l’époque (The Daily Beast), ce qui donne un éclairage particulier à l’échange qui suivit.
Pourquoi Jet Li a dit non

Selon le récit de Jet Li, Nixon, enthousiaste, lui aurait dit : « Jeune homme, ton kung-fu est impressionnant ! Que dirais-tu d’être mon garde du corps quand tu seras grand ? » La réaction de Li, racontée plus tard dans un essai, fut nette et porteuse de sens diplomatique : « Non, je ne veux pas protéger un individu. Quand je serai grand, je veux défendre mes un milliard de compatriotes chinois. » (Slate).
Quelques points clés pour comprendre cette décision :
- Contexte international : la visite s’inscrivait dans une tournée culturelle visant à présenter le wushu au monde, non une offre professionnelle.
- Valeurs personnelles : la réponse de Li met en avant un choix collectif et patriotique plutôt qu’un service individuel.
- Réaction des témoins : l’apparent embarras qui suivit fut atténué par une remarque de Kissinger louant la tournure diplomatique des propos du jeune garçon.
Plus tard, Jet Li s’engagea sur d’autres terrains humanitaires, devenant en 2009 ambassadeur de bonne volonté pour l’Organisation mondiale de la santé, ce qui illustre la continuité entre ses paroles de jeunesse et ses actions ultérieures.
Cette brève rencontre — où se croisent sport, politique et diplomatie — offre un regard intéressant sur la manière dont une simple proposition peut révéler des attitudes profondes et des priorités identitaires, entre le charisme d’un président en déclin et la détermination d’un jeune prodige du wushu.
