Un puits néolithique vieux de 7 000 ans

À la suite de travaux routiers près d’Ostrov, dans l’est de la République tchèque, des archéologues ont mis au jour une structure inattendue : un puits en bois exceptionnellement ancien. Cette découverte offre une fenêtre rare sur les techniques de construction et l’environnement d’une communauté néolithique.
Daté d’environ 5255 av. J.-C., le puits mesure à peu près 80 cm sur 80 cm et a été essentiellement taillé dans du chêne. Les analyses dendrochronologiques indiquent que les arbres utilisés ont été abattus entre l’automne 5259 av. J.-C. et l’hiver suivant, ce qui permet de situer avec précision sa construction dans le temps (source).

Plusieurs aspects rendent cette structure en bois remarquable :
- Ingénierie avancée : la conception et l’assemblage témoignent d’une maîtrise technique supérieure à ce que l’on attendait généralement pour la période néolithique. Des spécialistes de restauration ont souligné que les communautés utilisaient principalement des outils en pierre, os, corne ou bois.
- Contexte biologique préservé : le remplissage du puits contenait des restes zoologiques abondants, offrant des indices sur la faune locale et les ressources alimentaires.
Les vestiges zoologiques incluent notamment :
- des mollusques et coquillages,
- des petits ossements de vertébrés,
- des œufs de crustacés témoignant d’hivernage,
- des résidus d’insectes et d’autres invertébrés.
Ces éléments permettent de reconstituer une partie du biome local et d’affiner notre compréhension des pratiques alimentaires et environnementales des populations néolithiques.
La conservation du puits pose un défi particulier : resté immergé pendant des millénaires, le bois a été stabilisé par l’eau et risque de se détériorer s’il sèche. Les chercheurs remplacent actuellement l’eau environnante par une solution de saccharose afin de préserver la structure pendant les phases de restauration (Université de Pardubice — Département de restauration).
Cette découverte d’une structure en bois aussi ancienne confirme que des savoir-faire techniques sophistiqués existaient bien avant ce que l’on imaginait, et elle ouvre de nouvelles pistes d’étude pour l’archéologie du Néolithique en Europe centrale.
