Bénabar et Pascal Obispo reviennent de loin. Les deux chanteurs, « amis de vingt ans », ont collaboré sur le nouvel album de Bénabar, Le soleil des absents, dans lequel Pascal Obispo l’accompagne au chant sur plusieurs singles. Si Bénabar, de son vrai nom Bruno Nicolini, estime que ces duos constituent « un beau cadeau », le souvenir de leur première rencontre n’en fut pas moins discordant — un épisode que l’on peut qualifier de Bénabar Pascal Obispo clash et qu’ils ont raconté hier sur le plateau de C à vous.
Deux versions
Tout a commencé dans les coulisses d’une émission de Marc-Olivier Fogiel, On ne peut pas plaire à tout le monde, à une époque où les deux chanteurs avaient été signés par le même directeur artistique. S’ils n’ont souffert d’aucune « rivalité », leur premier échange a été tendu.
Pascal Obispo a raconté qu’il était dans la loge en attendant de travailler, précisant qu’ils devaient ensuite enregistrer avec Natasha St-Pier. « J’étais dans la loge, j’attendais pour travailler. On devait travailler après avec Natasha », a-t-il expliqué. « (Bénabar) était invité et tout d’un coup, je viens voir gentiment Bruno… »
C’est là que Bénabar a interrompu : « C’est là où les visions divergent, il y a deux versions ». Pour Pascal Obispo, tout s’était plus ou moins bien passé en coulisses. C’est sur le plateau, face à la caméra, que les choses auraient tourné au vinaigre, lorsque Marc-Olivier Fogiel a demandé à Bénabar : « Donc Bruno, qu’est-ce qu’on pourrait vous souhaiter ? »
« Et Bruno a eu cette phrase — un peu l’ancrage de notre relation — il a dit : « Ne jamais avoir de chansons de Pascal Obispo » », s’est rappelé Pascal Obispo.
Bénabar, de son côté, a détaillé sa version : l’animosité était, selon lui, présente bien avant l’émission. « C’est monté dans la loge où il n’était pas aussi bienveillant », a-t-il souligné. « Et donc le truc est monté, c’était particulièrement stressant parce qu’à l’époque, dans cette émission, tout le monde mettait les nerfs à tout le monde. »
Si bien que Bénabar était « super énervé » lorsqu’il est arrivé face aux caméras. « Le public ne savait pas des trucs, et moi je disais encore ce qui s’est passé dans les loges il y a cinq minutes, parce que j’étais resté dessus ! » a-t-il poursuivi. « Donc je suis passé pour un énorme connard, ma manageuse est tombée en larmes. »
Pascal Obispo a estimé, lui, que son collègue avait mal interprété leur interaction sous l’effet du stress. « Je l’ai découvert par la suite », a admis Bénabar lorsqu’Obispo a dit avoir été « hyper sympa » avec lui. Les deux artistes se sont finalement retrouvés sur une certitude commune : l’un n’est « pas hypocrite » et l’autre « pas rancunier ». Et c’est tant mieux !
