Six jours après le passage dévastateur du cyclone Gezani, le bilan humain s’est considérablement alourdi à Madagascar. Les autorités rapportent désormais au moins 59 décès, principalement localisés à Toamasina, la deuxième ville du pays. Outre les victimes décédées, 15 personnes restent portées disparues suite aux intempéries extrêmes qui ont frappé la grande île de l’océan Indien.
Le système météorologique, accompagné de rafales de vent atteignant les 250 km/h, a causé des ravages considérables dans la région nord-est. Cette catastrophe survient alors que le pays se remettait à peine du cyclone tropical Fytia, qui avait frappé le nord-ouest début février, faisant sept morts et plus de 20 000 sinistrés.
Une ville sinistrée et des infrastructures détruites
Selon le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC), la majorité des pertes humaines a été enregistrée à Toamasina, une agglomération de 400 000 habitants. Les dégâts matériels sont immenses : environ 25 000 habitations ont été totalement détruites et 27 000 autres inondées. Le secteur éducatif est également touché, avec plus de 200 salles de classe endommagées ou anéanties.
La situation humanitaire sur place est critique. Plus de 16 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leur foyer, et l’on dénombre plus de 800 blessés. Le centre-ville de Toamasina offre un spectacle de désolation, avec des rues encore submergées par des eaux boueuses et encombrées de débris végétaux.
Pénurie d’eau et aide internationale
Les conditions de vie des survivants sont précaires. Le Programme alimentaire mondial a alerté sur l’effondrement des services essentiels : la ville ne dispose plus d’eau courante et l’approvisionnement en électricité est réduit à seulement 5 % de sa capacité normale. Des centres d’aide improvisés, notamment dans des écoles, distribuent de la nourriture tandis que le personnel soignant effectue des dépistages du paludisme, craignant une recrudescence de la maladie.
Face à l’ampleur du désastre, la solidarité internationale s’organise. La Chine a débloqué une aide non remboursable d’environ 12 millions d’euros (100 millions de yuans). De son côté, la France a annoncé le déploiement de renforts depuis l’île de La Réunion, située à un millier de kilomètres, incluant l’envoi de vivres, de pompiers et de sauveteurs. Le pape Léon XIV a également exprimé son soutien à la population malgache lors de sa prière dominicale.
Après avoir ravagé Madagascar, le cyclone Gezani a poursuivi sa trajectoire vers le canal du Mozambique. Bien qu’il soit resté à une cinquantaine de kilomètres des côtes, il a provoqué des intempéries mortelles dans la région d’Inhambane, au sud du Mozambique, causant la mort de quatre personnes.
