Après avoir essuyé des semaines de précipitations intenses, beaucoup espèrent que le ciel s’est définitivement vidé. Entre la mi-janvier et la mi-février, l’Hexagone a en effet enregistré trente-cinq jours de pluie consécutifs. Ce phénomène exceptionnel a provoqué des crues et des inondations majeures, particulièrement dans l’ouest du pays. Face au retour d’une météo plus clémente, une rumeur persistante laisse entendre qu’un hiver aussi pluvieux annoncerait inévitablement un printemps radieux et un été sec. Qu’en est-il réellement ?
Aucune corrélation entre les saisons
Les données météorologiques confirment le caractère inédit de la période que nous venons de traverser. Le mois de février s’est imposé comme le plus arrosé depuis le début des relevés en France, succédant à un mois de janvier déjà très humide. Toutefois, selon les experts de Météo-France, il est impossible d’établir un lien de cause à effet entre ces intempéries hivernales et le climat des mois estivaux à venir.
Une abondance de pluie en hiver ne garantit en aucun cas un printemps ou un été plus sec. Les modèles statistiques tentant de prévoir la météo à long terme se heurtent toujours à une grande incertitude. Les prévisionnistes rappellent qu’il est impossible de déduire la tendance d’une saison en se basant uniquement sur la précédente. Seule certitude à court terme : une accalmie est observée pour le début du mois de mars, sans signes majeurs de reprise des précipitations.
Le rôle perturbateur du réchauffement climatique
Si l’enchaînement des saisons reste imprévisible, le changement climatique modifie incontestablement la dynamique de notre atmosphère. L’augmentation globale des températures entraîne une évaporation accrue de l’eau, formant ce que l’on appelle des rivières atmosphériques. Cette humidité voyage ensuite sur de longues distances avant de retomber sous forme de fortes pluies.
Les récentes précipitations qui ont touché la France s’expliquent en partie par des masses d’air humide en provenance des Caraïbes. Ce phénomène a également causé des inondations dramatiques au Portugal et dans le sud de l’Espagne, quelques jours seulement après des records de chaleur enregistrés dans la zone caribéenne. Par ailleurs, la douceur des hivers actuels favorise des dépressions atmosphériques plus chargées en eau. En résumé, les perturbations hivernales gagnent en intensité et déversent des quantités d’eau de plus en plus importantes.
