Golfe de Gascogne : l’espérance de vie des dauphins en chute libre

par Olivier
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Golfe de Gascogne : l'espérance de vie des dauphins en chute libre
Nature

Le constat est alarmant pour les dauphins du golfe de Gascogne. Selon les scientifiques, l’espérance de vie des femelles a drastiquement chuté de sept ans entre 1997 et 2019. Cette baisse préoccupante, principalement attribuée aux activités humaines en mer, fait peser une lourde menace sur la survie de cette espèce emblématique et protégée.

Chaque hiver, de très nombreux spécimens sont retrouvés morts le long du littoral français. L’université de La Rochelle et le CNRS, via l’observatoire Pelagis, ont mis en lumière cette hécatombe dans une étude parue récemment dans la revue Conservation Letters. Le phénomène, connu depuis les années 1990, s’est intensifié à partir de 2016 sur la façade atlantique, du Finistère au Pays basque. Les captures accidentelles liées aux engins de pêche en sont la cause principale.

Une chute critique de la longévité

En s’appuyant sur l’analyse approfondie d’un échantillon de 759 animaux, les chercheurs ont dressé un bilan sans appel. En l’espace de deux décennies, la longévité moyenne des femelles est passée de 24 à 17 ans dans cette zone maritime. Cette surmortalité est particulièrement délétère pour la dynamique de la population.

En effet, les femelles n’atteignent leur maturité sexuelle qu’à l’âge de sept ans. De plus, leur rythme de reproduction est lent, puisqu’elles ne mettent au monde qu’un seul petit tous les deux à trois ans. Cette diminution de leur durée de vie réduit considérablement leur période de fertilité, compromettant le renouvellement naturel de l’espèce à long terme.

Efficacité et limites des fermetures hivernales

Face à l’urgence et sous la pression de la Commission européenne ainsi que du Conseil d’État, le gouvernement français a instauré une interdiction temporaire de la pêche de quatre semaines au cœur de l’hiver. Appliquée depuis 2024, cette fermeture spatio-temporelle a prouvé son efficacité à court terme.

Selon les données de l’observatoire, les captures accidentelles ont diminué de 60 % durant l’hiver concerné, passant d’une moyenne de 4 700 dauphins morts à environ 1 900. Toutefois, le ministère chargé de la Mer souligne qu’il ne s’agit pas d’une solution viable sur la durée et n’a pas encore statué sur la reconduction de cette mesure l’an prochain.

Si la pause hivernale soulage la faune marine, elle engendre un coût économique et social important pour la filière. C’est pourquoi le projet Delmoges, qui rassemble notamment l’Ifremer et le Comité national des pêches, s’attelle aujourd’hui à évaluer et développer de nouvelles alternatives afin de concilier la protection de la biodiversité et le maintien de l’activité halieutique.

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