Derniers instants du prince Albert
En prolongeant le fil de l’histoire, il est impossible d’ignorer l’empreinte laissée par Prince Albert sur la monarchie et la vie publique britannique. Époux et cousin de la reine Victoria, il est mort à 42 ans, laissant derrière lui une union qui inspira une loyauté et un deuil profonds : Victoria porta le deuil pendant quarante années consécutives.

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Leur mariage fut qualifié d’« extraordinairement heureux » : Albert fut tour à tour confident, conseiller et soutien constant de la reine. Il prit position contre l’esclavage, participa à l’abolition des duels chez les officiers de l’armée et encouragea la reine à s’attaquer aux pratiques du travail des enfants. À titre privé, il partagea avec Victoria la vie familiale nombreuse : neuf enfants qui incarnèrent l’avenir dynastique.
Leur histoire d’amour ne commença pas immédiatement : adolescents, ils ne furent pas immédiatement attirés l’un par l’autre. Mais, devenue reine, Victoria découvrit l’homme qu’Albert était devenu et en tomba profondément amoureuse. Dans un journal de 1839, elle nota avec émotion la beauté et la présence d’Albert, sentiments qui se muèrent en un attachement indéfectible jusqu’à ses derniers instants.
Adieu, cher prince

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Dans les années 1850, la santé du Prince Albert commença à décliner après des années d’engagements incessants. De nombreuses responsabilités accablaient son emploi du temps :
- chancelier d’une grande université,
- promotion et fondation d’établissements d’enseignement et culturels,
- direction d’événements musicaux et implication dans la rénovation de bâtiments publics,
- gestion des affaires familiales et éducation de leurs neuf enfants.
En 1861, il tomba gravement malade. Après une maladie qui dura environ vingt et un jours, Prince Albert décéda, plongeant la reine Victoria dans un chagrin profond dont les répercussions se firent sentir longtemps dans la vie publique et privée. La reine évoquera plus tard l’agonie d’Albert et le désarroi qui la saisit au chevet de son mari, épisode qu’elle mit des années à consigner par écrit.
Cette page de l’histoire illustre comment la vie d’un chef d’État peut se mêler intimement aux réformes sociales et à la destinée personnelle, et rappelle l’impact durable du Prince Albert sur l’Angleterre victorienne.
