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Les circonstances historiques et médicales
Pour poursuivre l’examen de la fin de vie de Napoléon Bonaparte, voici les récits et les preuves médicales qui ont alimenté le mystère entourant sa mort.
Un épisode macabre a longtemps alimenté la curiosité : après le décès de l’empereur en 1821, un médecin aurait prélevé un « souvenir » anatomique, confié ensuite à un prêtre qui l’aurait fait passer en Corse. Transmis au fil des générations, cet objet aurait fini, en 1916, entre les mains d’un collectionneur britannique (voir https://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=92126411). Un auteur moderne décrivit même ce vestige d’une image crue et comparativement desséchée.

Ces anecdotes soulèvent des questions épineuses : comment vérifier l’authenticité d’un tel prélèvement ? et, surtout, quelle est la véritable cause du décès de Napoléon Bonaparte ?
Les derniers années et les signes cliniques
Napoléon passa la majeure partie des six dernières années de sa vie sur l’île de Sainte‑Hélène, loin des jours de gloire militaire (voir https://www.history.com/topics/france/napoleon). Son état général se dégrada progressivement :
- teint excessivement pâle et jaunâtre ;
- œdèmes aux pieds et aux jambes ;
- éruption cutanée squameuse ;
- amincissement des cheveux ;
- comas progressif aboutissant au décès le 5 mai 1821, à 51 ans.
Des comptes rendus contemporains et des études ultérieures ont tenté de relier ces symptômes à des causes précises (voir https://dartmed.dartmouth.edu/spring03/html/exhuming_bonaparte.shtml).
Théories : arsenic accidentel ou cancer gastrique
Plusieurs analyses des restes indiquèrent la présence d’arsenic, ce qui alimenta des hypothèses d’empoisonnement. Cependant, une explication plus prosaïque a été proposée : au XIXe siècle, l’arsenic était fréquemment présent dans des produits domestiques, notamment des papiers peints et des colles, susceptibles de dégager des vapeurs nocives. L’exposition prolongée à de telles sources aurait pu contribuer à l’empoisonnement sans malveillance délibérée (voir https://www.amnh.org/explore/news-blogs/on-exhibit-posts/was-napoleon-poisoned).
Parallèlement, l’autopsie pratiquée un jour après sa mort révéla des lésions gastriques importantes : deux ulcères, dont l’un avait perforé la paroi et atteint le foie. Ces constatations correspondent à un cancer de l’estomac avancé, capable à lui seul d’expliquer la détérioration rapide de son état. Des études médicales modernes soulignent que, même avec des soins contemporains, ce tableau aurait été extrêmement grave (voir https://www.livescience.com/1228-mystery-napoleon-death-solved.html).
Ces éléments — traces d’arsenic et lésion gastrique avancée — ont nourri un débat durable : mort par cancer aggravée par une exposition environnementale toxique, ou empoisonnement intentionnel ? Les preuves disponibles permettent de peser les scénarios sans trancher définitivement.
En suivant ces pistes historiques et médicales, la suite de l’enquête contextualisera ces découvertes au regard des pratiques et des conditions de détention de l’époque.
