Le projet ambitieux visant à puiser de l’eau en Corrèze pour approvisionner le fleuve Charente, en passant par la Vienne, a été jugé financièrement irréalisable. À l’étude depuis près d’un an, cette solution a été officiellement écartée par la présidence du département de la Charente.
Cette initiative, initialement analysée par l’agence de l’eau Adour-Garonne, répondait à un constat environnemental préoccupant. D’ici 2050, le bassin de la Charente nécessitera environ 100 millions de mètres cubes d’eau pour garantir la pérennité des activités agricoles, industrielles et humaines. En cause, le dérèglement climatique qui pourrait faire chuter les débits des cours d’eau de 30 à 40 % en période d’étiage au cours des vingt-cinq prochaines années.
Un projet à 600 millions d’euros abandonné
Le principal obstacle à cette infrastructure interdépartementale demeure son coût exorbitant, évalué à 600 millions d’euros. Lors d’une conférence de presse organisée à Tulle, Jérôme Sourisseau, président du département de la Charente, a qualifié ce montant d’inaccessible au vu de la situation financière actuelle des collectivités.
Les départements de la Charente et de la Charente-Maritime ont ainsi confirmé, par le biais de l’établissement public de bassin, prendre acte de ces conclusions définitives. Dès le printemps 2025, la présidence de la région Nouvelle-Aquitaine avait d’ailleurs émis de fortes réserves, anticipant l’échec de ce transfert d’eau pourtant ardemment soutenu par la Corrèze.
Des alternatives locales et moins onéreuses
Face à cet abandon, les autorités territoriales souhaitent désormais se recentrer sur leurs compétences propres en explorant des solutions de proximité. L’objectif est de trouver des aménagements plus rapides et bien moins chers à déployer pour pallier les futures sécheresses.
Parmi les stratégies à l’étude, l’installation de digues amovibles pour rehausser la Touvre, un affluent de la Charente, permettrait de mieux soutenir le niveau de l’eau en été. Une autre option privilégiée est le désenvasement du lac de Lavaud, un site qui sert de retenue artificielle à la Charente. Cette simple opération de nettoyage permettrait de récupérer plusieurs millions de mètres cubes d’eau cruciaux pour sécuriser l’approvisionnement régional.
