Amanda Seyfried en gourou mystique dans Le Testament d’Ann Lee

par Olivier
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Amanda Seyfried en gourou mystique dans Le Testament d'Ann Lee
Divertissement

Amanda Seyfried livre une prestation époustouflante dans Le Testament d’Ann Lee, réalisé par Mona Fastvold. À la croisée de la fable mystique et de la comédie musicale, le film met en lumière une performance d’une telle intensité qu’il paraît surprenant que la comédienne n’ait pas été nommée aux Oscars. Très éloignée de ses rôles iconiques d’adolescente dans Lolita malgré moi ou de bourgeoise dans La Femme de ménage, l’actrice se glisse ici avec brio dans la peau d’une véritable figure prophétique.

Le portrait mystique d’Ann Lee et de la secte des Shakers

Le long-métrage redonne vie à Ann Lee (1736-1784), la fondatrice anglaise de la secte des « Shakers ». Ce surnom fut attribué à cette communauté religieuse en raison des impressionnantes danses incantatoires pratiquées par ses fidèles. Coécrit avec Brady Corbett, et mis en musique et en mouvement par le compositeur Daniel Blumberg et la chorégraphe Celia Rowlson-Hall, le film alterne habilement entre séquences de transe, chants et hymnes religieux.

Historiquement, Ann Lee était une femme habitée, persuadée que Dieu pouvait s’incarner sous les traits d’une femme et qu’elle en constituait la seconde incarnation. Après avoir traversé de tragiques épreuves personnelles, elle a fondé son propre mouvement spirituel en Amérique pour y établir un refuge sécurisant prônant l’égalité des sexes. Son approche singulière consistait à libérer les tensions sexuelles de ses adeptes par le mouvement, la danse et des vocalisations gutturales, dans le but ultime de les mener vers la pureté.

Une préparation rigoureuse et immersive

Pour atteindre ce niveau de jeu exceptionnel, Amanda Seyfried s’est astreinte à une préparation intensive de huit mois. L’actrice a dû perfectionner un accent très spécifique et s’entraîner inlassablement pour interpréter les hymnes du mouvement. Consciente de la lourde responsabilité qui pesait sur ses épaules, elle tenait à honorer fidèlement la vision radicale de la réalisatrice Mona Fastvold, plongeant au plus profond d’elle-même pour donner corps aux chorégraphies complexes exigées par le scénario.

Bien qu’elle ait étudié aux États-Unis, la comédienne admet qu’elle ignorait tout de cette figure historique avant de se voir confier le rôle. Elle souligne à ce propos que les femmes, même pionnières, demeurent encore trop souvent effacées des manuels d’histoire traditionnels.

Entre exigence hollywoodienne et retour à la terre

Si elle incarne avec force cette meneuse spirituelle, Amanda Seyfried confie ne pratiquer aucune religion de manière conventionnelle, préférant nourrir une foi profondément liée à la nature. Résidant depuis plus de treize ans dans une ferme isolée au cœur d’une forêt, elle perçoit le divin à travers le monde végétal et animal, imaginant Dieu davantage sous la forme d’un arbre que d’une figure humaine.

Cet ancrage rural constitue d’ailleurs le secret de son équilibre. C’est ce mode de vie sain, rythmé par le soin apporté à ses animaux loin de l’effervescence des plateaux, qui lui permet aujourd’hui de jongler sereinement entre de grosses productions commerciales hollywoodiennes et des œuvres cinématographiques beaucoup plus pointues.

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