L’historien Jacques Revel, figure majeure de l’histoire sociale et culturelle européenne, en particulier de l’Italie, s’est éteint à l’âge de 83 ans. Son décès a été annoncé par l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).
Né à Avignon en 1942, il a profondément marqué cette institution parisienne de renom, qu’il a eu la charge de présider de 1995 à 2004.
Un universitaire dévoué aux sciences sociales
Romain Huret, l’actuel président de l’établissement, a rendu hommage à un chercheur guidé par deux idéaux indéfectibles : les sciences sociales et son École. Dans un communiqué publié en ligne, il a tenu à saluer l’engagement constant de Jacques Revel.
Que ce soit en tant que chercheur ou en tant que président, il s’est efforcé de maintenir l’EHESS à la hauteur de ses fortes ambitions intellectuelles, consolidant ainsi sa place singulière au sein du paysage de l’enseignement supérieur français.
Un héritage intellectuel considérable
Au cours de sa brillante carrière, Jacques Revel a notamment exercé à Rome et à New York. Il a joué un rôle déterminant dans la direction de la célèbre revue des Annales et a grandement contribué à l’introduction ainsi qu’à la promotion de la microhistoire en France.
Son œuvre riche comprend de nombreux essais de référence en historiographie et en sciences sociales, souvent fruits d’un travail collaboratif. Parmi ses publications les plus notables figurent « Logiques de la foule. L’affaire des enlèvements d’enfants », « Fernand Braudel et l’histoire », ou encore son tout dernier ouvrage paru en 2024, « Penser global ? Huit variations sur un thème ».
Il a par ailleurs co-dirigé, aux côtés de l’historien André Burguière, la monumentale « Histoire de la France » publiée en quatre volumes.
