History
Is Drunk History Accurate?
On dit souvent, avec une pointe d’ironie, que l’alcool améliore le jugement, la prise de décision et la mémoire. Après tout, quand on est ivre au point de ne plus rien retenir le lendemain, c’est bien la preuve que toute la lucidité s’est évaporée. Dans cette logique absurde, certains aimeraient même croire que le « B » de BAC signifie « brillant » — une idée qui relève évidemment de la plaisanterie. Pourtant, ce ton décalé rappelle surtout qu’en matière d’histoire, la mémoire collective peut facilement se brouiller.
C’est précisément ce mélange de scepticisme et de comédie qui pousse à s’interroger sur l’exactitude de Drunk History, une émission où des participants racontent des événements historiques après avoir bu, tandis que des acteurs célèbres rejouent la scène en synchronisant leurs lèvres sur les paroles hésitantes du narrateur. Le résultat est volontairement drôle, mais il repose malgré tout sur une base de faits réels, ce qui en fait un objet singulier à mi-chemin entre divertissement et vulgarisation historique.

Autrement dit, il serait illusoire d’attendre d’un récit raconté dans un état d’ébriété qu’il explore le passé avec une précision universitaire absolue. Et pourtant, dans le cas de Drunk History, la part de vérité est bien plus importante qu’on pourrait le croire. Interrogé par NPR, son créateur Derek Waters expliquait ainsi que la série était exacte « à 92 % » et que toutes les dates restaient correctes. Les narrateurs reçoivent les informations avant de boire et savent quelles données doivent impérativement être conservées, même si les dialogues eux-mêmes relèvent clairement de la fiction comique.
C’est aussi cette approche qui donne à l’émission sa personnalité. Derek Waters a voulu transmettre l’histoire de manière vivante parce qu’il avait lui-même connu un professeur capable de rendre le passé captivant. Grâce à ce ton accessible, Drunk History a trouvé son public et a même été renouvelée pour une sixième saison en décembre 2018. Si la série devait un jour disparaître, nul besoin de lui rendre hommage à grand renfort de célébration tapageuse : son souvenir survivrait surtout comme celui d’un spectacle humoristique où la précision historique et le rire avancent, ensemble, sur un terrain étonnamment bien balisé.
