Dans le vaste imaginaire du divertissement, l’Apocalypse Zombie fait partie de ces scénarios qui mêlent peur, humour noir et fascination collective. Une question revient alors avec insistance : combien de temps une telle catastrophe pourrait-elle réellement durer, avant que les morts-vivants ne disparaissent presque entièrement ? Entre préparation de survie, réflexes de science et culture pop, la réponse est plus courte qu’on ne l’imagine.
Mauvaise nouvelle pour votre espérance de vie, mais plutôt bonne pour votre budget de préparation à l’apocalypse : une épidémie de zombies durerait un peu plus de trois mois avant d’éradiquer, de fait, presque toute l’humanité. Cette estimation provient d’une étude publiée en 2015 dans le British Medical Journal, qui s’est amusé à appliquer des outils d’épidémiologie à un scénario de fiction bien connu des amateurs de zombies et de récits catastrophes.
Avant d’aller plus loin, voici l’image associée à cette réflexion sur les morts-vivants :

Le rapport, intitulé “Zombie infections: epidemiology, treatment, and prevention”, s’appuie sur le modèle compartimental SIR, un outil classique en science pour étudier la propagation d’une maladie. Ce modèle distingue trois catégories : les individus sensibles à l’infection, les infectés et les rétablis. Dans ce scénario théorique, en partant d’un taux de contamination de 90 % par zombie, la planète ne compterait plus qu’environ 300 humains non infectés au bout de 100 jours. Pour les passionnés d’histoire des idées scientifiques, c’est aussi un exemple parfait de la manière dont l’épidémiologie peut éclairer, avec sérieux, un sujet de culture populaire.
- Premier point : l’étude initiale ne prenait pas en compte la réaction des humains face à l’invasion. Autrement dit, elle ignorait la possibilité d’une riposte organisée, comme dans les grands classiques du cinéma de zombies inspirés par Romero.
- Deuxième point : lorsque les chercheurs ont ajouté une hypothèse simple — une chance de 10 % qu’un survivant élimine un zombie chaque jour — le tableau restait sombre, mais la situation s’inversait progressivement. Les morts-vivants étaient alors éliminés au bout d’environ trois ans, et la population humaine recommençait lentement à se reconstruire dans les années suivantes.
- Troisième point : l’ensemble de cette démarche relevait aussi d’un exercice volontairement léger, conçu pour sensibiliser le public à la préparation aux catastrophes. Loin d’un diagnostic sérieux sur la fin du monde, c’était surtout une façon astucieuse de mêler science, prévention et divertissement.
Au fond, cette étude rappelle qu’une Apocalypse Zombie n’est pas seulement un fantasme de cinéma ou de série télévisée : c’est aussi un prétexte pour réfléchir, avec un sourire en coin, à la gestion des crises, à la survie et à la résilience collective. Et si les morts-vivants devaient un jour surgir, mieux vaudrait sans doute avoir déjà réfléchi à la suite.
