Les dérives du binge-watching : Quand Netflix devient un problème

par Olivier
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Les dérives du binge-watching : Quand Netflix devient un problème
États-Unis, Inde

Selon le Atlanta Journal-Constitution, Netflix a interrogé en 2017 plus de 37 000 personnes dans 22 pays, dont les États-Unis, le Canada, le Mexique, l’Australie, l’Italie et la Corée du Sud. Le résultat donne une idée assez nette de l’ampleur du binge-watching Netflix : pour beaucoup de voyageurs, le fait de pouvoir regarder leurs séries et films préférés est jugé « plus important que de manger ou de boire ». Douze pour cent des personnes interrogées disent même utiliser Netflix dans des toilettes publiques, tandis qu’environ 37 % reconnaissent avoir binge-watché au travail. Les autres ne l’ont pas admis, mais il est probable qu’ils aient simplement préféré ne rien dire.

On peut sourire devant cette dépendance aux écrans, mais certains ont découvert les conséquences bien plus durement. Dans certains cas, le binge-watching Netflix n’est plus seulement une habitude de divertissement : il devient un comportement lié à des problèmes graves, allant de la mauvaise gestion du temps à des dérives plus inquiétantes, notamment sur le plan financier et psychologique.

Here to sue Mrs. Robinson

Robert De Niro

Chase Robinson a travaillé pour la société de Robert De Niro, Canal Productions, de 2008 à avril 2019. Pourtant, le mot « travaillé » semble, à en croire les accusations, assez généreux. D’après Rolling Stone, l’entreprise a porté plainte en 2019 contre Robinson pour 6 millions de dollars, en invoquant à la fois du détournement de fonds et du binge-watching Netflix.

Le volet financier est déjà accablant à lui seul : Robinson aurait dépensé 32 000 dollars en Uber et en taxis, utilisé 3 millions de miles de fidélité de Robert De Niro, et effectué d’autres dépenses non autorisées, pour des montants atteignant des dizaines de milliers de dollars. Mais la société a aussi insisté sur un autre point : elle aurait regardé des programmes Netflix pendant des « quantités astronomiques de temps », alors même que ce visionnage n’avait « aucun lien » avec ses fonctions et responsabilités.

Et quand on parle de durée astronomique, les détails donnent le vertige. La plainte l’accusait d’avoir regardé 55 épisodes de Friends en quatre jours. Cela représente plus de 21 heures de David Schwimmer, si l’on veut mesurer l’ampleur du phénomène. Dans une autre période de quatre jours, elle aurait dévoré 20 épisodes d’Arrested Development et 10 épisodes de Schitt’s Creek. Selon l’issue de l’affaire, elle pourrait bien se retrouver dans une situation tout aussi étouffante que la série elle-même. Espérons qu’elle tienne le choc.

Netflix is the new crack

Binge-viewing

La psychologue clinicienne Dr Renee Carr a expliqué à NBC que les spectateurs de Netflix ressentent une « euphorie proche de celle d’une drogue » lorsqu’ils binge-watchent leurs séries préférées. Cette description a pris une tournure tragique dans le cas d’un homme en Inde, qui a passé plus de six mois à utiliser Netflix pour faire face au stress du chômage, selon The Hindu.

Le psychologue clinicien Manoj Kumar Sharma a précisé que le patient s’enfonçait de plus en plus dans cette addiction à mesure que sa famille le poussait à chercher du travail et qu’il voyait ses amis réussir financièrement. Au plus fort de sa dépendance, l’homme regardait Netflix plus de sept heures par jour. En 2018, il a été admis à l’Institut national de la santé mentale. Ce cas rappelle à quel point le binge-watching Netflix peut dépasser le simple loisir et toucher, parfois brutalement, à la santé mentale.

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