Ces icônes de la musique dont le premier album a fait un flop

par Sophie
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Ces icônes de la musique dont le premier album a fait un flop
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Pour de nombreux artistes devenus des légendes du rock, le premier album est souvent considéré comme une véritable profession de foi musicale, une démonstration de talent qui donne le ton pour la suite de leur carrière. Si certains, comme Led Zeppelin, ont connu un succès fulgurant dès leurs débuts, d’autres ont dû surmonter des échecs cuisants. Ces premiers opus, aujourd’hui perçus comme des curiosités dans des carrières par ailleurs stellaires, ont exigé de leurs auteurs une détermination sans faille pour obtenir une seconde chance et rectifier le tir.

David Bowie à la fin des années 1960
David Bowie à la fin des années 1960.

Alice Cooper : Pretties for You (1969)

Le groupe Alice Cooper a quitté son Arizona natal pour Los Angeles en 1967, en plein « Summer of Love ». Leurs mises en scène théâtrales bizarres ne collaient pas vraiment à l’ambiance « peace and love » de l’époque, mais elles ont attiré l’attention de Frank Zappa. Ce dernier les a signés sur son label, Straight Records, appréciant la complexité déroutante de leurs morceaux.

Leur premier album, « Pretties for You », sorti en 1969 et coproduit par Zappa, est une collection chaotique de bizarreries psychédéliques. L’album a été rejeté par le public et a laissé les critiques perplexes. Ce n’est qu’avec leur troisième album en 1971, « Love It to Death », que le style hard-rock emblématique du groupe a émergé. Plus tard, le chanteur Vince Furnier a légalement changé son nom pour devenir Alice Cooper.

Genesis : From Genesis to Revelation (1969)

Formé par des étudiants de l’élite britannique, Genesis a signé avec Decca Records pour enregistrer son premier album, « From Genesis to Revelation ». Bien que le groupe soit devenu un pionnier du rock progressif, ce premier disque était ancré dans la pop, avec une influence marquée des Bee Gees. Le chanteur Peter Gabriel a admis avoir tenté d’imiter Robin Gibb à l’époque.

L’album, truffé d’imagerie biblique, ne s’est vendu qu’à 650 exemplaires. La confusion était telle que certains disquaires le classaient dans la section de musique religieuse. Ce n’est qu’après le départ de Gabriel et l’arrivée de Phil Collins au chant que le groupe a pris un virage plus pop et a enchaîné les succès mondiaux dans les années 1980.

Van Morrison : Blowin’ Your Mind! (1967)

Après avoir quitté le groupe Them, Van Morrison a enregistré plusieurs chansons pour le producteur Bert Berns. Ce dernier a publié l’album « Blowin’ Your Mind! » sans l’accord de l’artiste, qui a découvert la sortie du disque par hasard dans un magasin. L’album contenait le tube « Brown-Eyed Girl », mais aussi le sombre morceau de dix minutes « T.B. Sheets », traitant de la mort par tuberculose, ce qui ne correspondait pas à l’esprit de l’époque.

Pour se libérer de son contrat, Morrison a enregistré plus de 30 chansons supplémentaires sans aucune valeur commerciale, improvisant sur une guitare mal accordée. Parmi ces titres figurait « Blow in Your Nose », un véritable pied de nez à son producteur où il se moquait ouvertement de la sortie de son premier album.

Elton John : Empty Sky (1969)

La collaboration entre le pianiste Reg Dwight (futur Elton John) et le parolier Bernie Taupin est l’une des plus fructueuses de l’histoire, mais leurs débuts furent timides. Sorti initialement uniquement au Royaume-Uni, l’album « Empty Sky » était plein de promesses mais manquait de tubes. Il n’est sorti aux États-Unis qu’en 1975, une fois l’artiste devenu une superstar.

Le titre phare de l’album, « Skyline Pigeon », a marqué un tournant en définissant leur propre son plutôt que de copier les modes. Elton John a d’ailleurs réenregistré ce morceau en 1973 et a continué de l’affectionner tout au long de sa carrière, le considérant comme le moment où ils ont véritablement trouvé leur voix.

Lou Reed : Lou Reed (1972)

Malgré le statut de légende du Velvet Underground, le groupe n’a jamais connu de succès commercial initial. À son départ en 1970, Lou Reed était si désabusé qu’il a travaillé comme dactylo pour l’entreprise de son père pendant deux ans. Il est finalement revenu en studio pour un premier album solo éponyme en 1972.

Enregistré à Londres avec des musiciens de studio, l’album proposait des réenregistrements de titres du Velvet Underground qui ne valaient pas les originaux. Jugé médiocre et surproduit, le disque a frôlé l’échec total en n’atteignant que la 189e place des classements. Reed a heureusement rebondi la même année avec l’album « Transformer », produit par David Bowie.

Warren Zevon : Wanted Dead or Alive (1969)

Warren Zevon a débuté avec l’album « Wanted Dead or Alive », produit par Kim Fowley. Les deux hommes se sont brouillés durant l’enregistrement, et Zevon a fini le projet seul. Malgré des chansons mémorables, l’album est sorti dans l’indifférence générale. Zevon a alors pensé avoir gâché sa chance et a enchaîné les petits boulots musicaux, devenant même directeur musical pour les Everly Brothers.

Grâce à l’aide de Jackson Browne, il a finalement signé un nouveau contrat et a sorti l’album « Warren Zevon » en 1976. Son succès a été confirmé en 1978 avec « Excitable Boy » et le célèbre single « Werewolves of London ».

John Mellencamp : Chestnut Street Incident (1976)

À ses débuts, John Mellencamp a été contraint par son manager d’utiliser le pseudonyme « Johnny Cougar ». Bien qu’il trouve ce nom ridicule, Mellencamp a accepté par désespoir de réussir. L’album, composé de reprises et de quelques originaux peu marquants, fut un échec avec moins de 12 000 exemplaires vendus.

Avec le temps, il a progressivement repris son véritable nom, devenant John Cougar Mellencamp puis simplement John Mellencamp. Il a plus tard admis que cet échec initial et le poids de ce pseudonyme l’avaient poussé à travailler encore plus dur pour s’imposer.

Billy Joel : Cold Spring Harbor (1971)

Après l’échec de son groupe de heavy metal Attila, Billy Joel a tenté sa chance en solo avec « Cold Spring Harbor ». L’album contenait déjà des pépites comme « She’s Got a Way », mais un problème technique lors du mastering a accéléré l’enregistrement. Billy Joel a plaisanté plus tard en disant qu’il ressemblait à un membre des Chipmunks sur ce disque.

L’album n’est pas entré dans les classements, et l’artiste a dû jouer dans des bars de piano à Los Angeles pour subvenir à ses besoins. C’est cette expérience qui lui a inspiré sa chanson emblématique « Piano Man », titre phare de son deuxième album qui a lancé sa carrière mondiale.

Tori Amos : Y Kant Tori Read (1988)

Enfant prodige du piano, Tori Amos a fondé le groupe synth-pop Y Kant Tori Read à la fin des années 1980. Leur premier album fut un désastre critique et commercial. La pochette, montrant la chanteuse déguisée en pirate avec une épée et une coiffure volumineuse, est devenue la risée de l’industrie musicale.

Tori Amos sur la pochette de Y Kant Tori Read
La pochette de l’album Y Kant Tori Read qui a failli briser la carrière de Tori Amos.

Cet échec a poussé Tori Amos à une profonde remise en question. Elle a abandonné les synthétiseurs pour revenir au piano. Quatre ans plus tard, elle sortait « Little Earthquakes », un album solo acclamé qui a marqué le véritable début de son succès.

Jimmy Buffett : Down to Earth (1970)

Bien avant de devenir célèbre pour ses hymnes à la détente tropicale, Jimmy Buffett a sorti « Down to Earth », un album country-folk mélancolique. Le disque ne s’est vendu qu’à 374 exemplaires. Buffett ne s’en est pas formalisé, les 460 € environ qu’il a reçus lui ayant permis de s’acheter une nouvelle guitare.

Son style était alors très éloigné des sonorités caribéennes qui feront sa gloire. Ce n’est qu’en 1973, avec l’album « A White Sport Coat and a Pink Crustacean », qu’il a commencé à trouver son identité musicale et à intégrer l’humour qui est devenu sa marque de fabrique.

Jefferson Airplane : Jefferson Airplane Takes Off (1966)

Sorti en 1966, le premier album de Jefferson Airplane reflétait l’effervescence de la scène psychédélique de San Francisco. Bien que le groupe ait rapidement décroché un contrat, l’album ne s’est vendu que localement. Il s’agissait essentiellement d’une version studio de leur répertoire de club de l’époque.

Tout a changé avec l’arrivée de Grace Slick, qui a apporté avec elle des titres devenus des classiques du rock : « White Rabbit » et « Somebody to Love ». Sa voix distinctive a propulsé l’album suivant, « Surrealistic Pillow », vers les sommets des classements mondiaux.

David Bowie : David Bowie (1967)

Après avoir changé son nom de David Jones à David Bowie pour éviter la confusion avec le chanteur des Monkees, l’artiste a sorti son premier album éponyme en 1967. Le disque le voyait imiter le crooner Anthony Newley dans un style mélangeant rock, vaudeville et music-hall. Bowie lui-même qualifiera plus tard cette période de gênante.

L’album a eu la malchance de sortir le même jour que le mythique « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » des Beatles et est passé totalement inaperçu. Bowie s’est alors retiré pour jouer dans une troupe de mime avant de revenir en 1969 avec le single « Space Oddity », point de départ de son ascension vers le statut d’icône mondiale.

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