Le milieu du cinéma se mobilise pour faire obstacle à la fusion annoncée entre Paramount Skydance et Warner Bros. Discovery. Le 24 avril dernier, les actionnaires de Warner ont pourtant validé la proposition de rachat par Paramount Skydance pour la somme de 111 milliards de dollars, soit environ 102 milliards d’euros.
Une mobilisation massive des stars
Cette annonce a provoqué une vive réaction chez les grands noms de l’industrie américaine. Une lettre ouverte, publiée le 13 avril, a déjà recueilli plus de 4 700 signatures. Parmi les signataires, on retrouve des figures emblématiques telles que Robert De Niro, Jane Fonda, Glenn Close, Ben Stiller, Mark Ruffalo, Emma Thompson, ainsi que les cinéastes Denis Villeneuve et Sofia Coppola.
Le texte dénonce une opération qui marquerait une étape finale dans la concentration des médias outre-Atlantique. Selon les auteurs de la lettre, ce rapprochement limiterait les opportunités pour les créateurs, réduirait le nombre d’emplois et entraînerait une hausse des coûts. Surtout, le nombre de grands studios historiques passerait de cinq à seulement quatre.
Une menace pour la diversité créative
Plusieurs personnalités ont pris la parole pour exprimer leurs inquiétudes. Ben Stiller a notamment souligné qu’il est déjà extrêmement difficile de faire produire des idées originales par de grands studios. Pour l’acteur, cette réduction des choix se traduira par une diminution des opportunités pour les nouvelles voix et une perte de diversité dans les contenus proposés au public.
De son côté, Mark Ruffalo a cité l’exemple concret de la mini-série primée « I Know This Much Is True ». Selon lui, cette production de HBO n’aurait jamais pu voir le jour si la chaîne avait perdu son indépendance au profit d’une structure encore plus massive. Il estime que la disparition ou la fusion de services de streaming rendrait impossible la création de projets aux thématiques complexes.
Malgré le vote favorable des actionnaires de Warner, le projet de fusion n’est pas encore définitif. Les régulateurs américains et européens doivent encore examiner le dossier et donner leur feu vert pour que l’opération soit officiellement validée.
