4 musiciens des années 70 redécouverts par les nouvelles générations

par Sophie
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4 musiciens des années 70 redécouverts par les nouvelles générations
Royaume-Uni, États-Unis, Afrique du Sud, Australie

Le paysage musical des années 1970, marqué par l’ascension fulgurante de groupes comme Led Zeppelin ou d’icônes comme Stevie Wonder, n’a pas été synonyme de succès pour tous les artistes. Pourtant, les jeunes générations redécouvrent aujourd’hui des auteurs-compositeurs-interprètes de talent qui connaissent une gloire inattendue dans les années 2020. Ces musiciens, dont la vision artistique n’était pas en phase avec l’industrie de l’époque, voient leur carrière réhabilitée par les nouveaux auditeurs.

Malgré la qualité de leurs compositions, ces artistes n’ont rencontré quasiment aucun succès commercial lors de la sortie de leurs disques. Ces difficultés ont poussé nombre d’entre eux à abandonner la musique bien avant que leurs œuvres ne refassent surface des décennies plus tard. Grâce aux réseaux sociaux et à un engouement international imprévu, ces parcours autrefois considérés comme des échecs sont devenus mémorables.

Labi Siffre : de l’ombre aux samples de légende

Possédant l’une des voix les plus douces de la folk, Labi Siffre n’a pas connu la reconnaissance escomptée au début de sa carrière. Entre 1970 et 1975, ce chanteur, compositeur et poète britannique a publié six albums avant de s’accorder une longue pause jusqu’en 1988. Si quelques-uns de ses titres ont figuré dans les classements au Royaume-Uni, il est resté quasiment inconnu aux États-Unis pendant ses années d’activité.

La donne a changé lorsque des stars du hip-hop comme Eminem et Kanye West ont utilisé des extraits de ses chansons « My Song » et « I Got The… », faisant découvrir son timbre unique à un nouveau public. Plus récemment, son titre « Bless the Telephone » est devenu viral sur TikTok, accumulant des centaines de millions d’écoutes. Sa musique a également été mise en avant dans des films récents tels que « Winter Break » (The Holdovers) et « Sentimental Value », confirmant son statut d’icône retrouvée.

Nick Drake : l’influence posthume d’un génie de la folk

Depuis sa disparition prématurée, Nick Drake est devenu l’une des figures les plus influentes de la folk rock des années 1970. Son mélange de paysages sonores oniriques et de mélodies de guitare envoûtantes, porté par une voix élégante, continue de fasciner. Entre 1969 et 1972, Drake a sorti trois albums, dont les célèbres « Bryter Layter » et « Pink Moon ». De son vivant, aucun de ses disques n’est parvenu à entrer dans les classements de ventes.

Le renouveau de sa popularité a véritablement débuté en l’an 2000, après l’utilisation de la chanson « Pink Moon » dans une publicité pour Volkswagen. Depuis, son influence n’a cessé de croître. Ses titres les plus connus totalisent aujourd’hui plus de 330 millions d’écoutes sur les plateformes de streaming, et ses compositions sont devenues des standards repris par de nombreux musiciens de la génération Z, séduits par la qualité intemporelle de son œuvre.

Linda Perhacs : de l’hygiène dentaire à la folk psychédélique

Linda Perhacs a connu l’une des trajectoires les plus singulières de cette liste. En 1970, elle sort « Parallelograms », un album mêlant voix éthérées et arrangements folk psychédéliques. Bien que le disque possède une identité propre qui s’inscrit parfaitement dans l’esthétique de l’époque, des modifications imposées par son label contre son gré ont conduit à un échec commercial total.

Déçue, Linda Perhacs a repris son métier d’hygiéniste dentaire, laissant sa carrière musicale derrière elle. Ce n’est que des années plus tard, lors d’une réédition de l’album par le label Wild Places, qu’un nouveau public a enfin découvert des titres comme « Hey, Who Really Cares » et « Chimacum Rain ». Ce succès tardif a été tel que l’artiste a repris le chemin des studios dans les années 2010 pour enregistrer deux nouveaux albums.

Rodríguez en concert avec sa guitare et son chapeau haut-de-forme
Rodríguez se produit sur scène, un artiste dont la carrière a été relancée par un documentaire oscarisé.

Rodríguez : l’incroyable destin de Sugar Man

Sixto Rodríguez, originaire de Détroit, a publié deux albums au début des années 1970, « Cold Fact » et « Coming from Reality ». Son style, mêlant folk, rock, funk et blues, était souvent comparé à celui de Bob Dylan pour la richesse de ses textes. Pourtant, en raison de problèmes avec sa maison de disques et d’un manque de chance, ses albums sont passés inaperçus aux États-Unis, le poussant à retourner à une vie normale.

Contre toute attente, sa musique est devenue culte en Australie et surtout en Afrique du Sud, où il est devenu une véritable star sans même le savoir. Cette histoire incroyable a fait l’objet du documentaire « Searching for Sugar Man » en 2012, récompensé par un Oscar. Grâce à cette reconnaissance mondiale, Rodríguez a pu continuer à se produire jusqu’en 2020, avant son décès en 2023. Ses chansons, portées par des centaines de millions d’écoutes, font désormais de lui un musicien essentiel de la scène folk.

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