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Pourquoi les musiciens de rock sont-ils si enclins aux querelles ? Qu’il s’agisse d’ego surdimensionné, de fierté ou des excès liés à la célébrité, les conflits semblent indissociables des plus grandes légendes. Si les duos Lennon et McCartney ou Jagger et Richards sont restés dans les mémoires pour leurs tensions, ces affrontements laissent souvent les autres membres du groupe dans une position délicate de spectateurs impuissants.

Kirk Hammett : l’éternel médiateur de Metallica

Le documentaire de 2004, Some Kind of Monster, illustre parfaitement le rôle de Kirk Hammett au sein de Metallica. On y voit le guitariste détourner le regard ou se racler la gorge avec malaise pendant que ses camarades s’écharpent. Hammett a fini par se forger une réputation de pacificateur, un rôle qu’il semble accepter malgré lui pour préserver l’unité du groupe.
Dans une scène mémorable du film, il supplie ses partenaires d’arrêter de se « marteler les uns les autres » pour se concentrer sur l’enregistrement. Cette période a été marquée par des tensions extrêmes entre James Hetfield et Jason Newsted, ainsi qu’avec le batteur Lars Ulrich. Selon des entretiens accordés à Playboy et rapportés par ABC News, Kirk Hammett, adepte du yoga, était le seul membre du groupe à n’avoir jamais frappé l’un de ses collègues.
Mick Fleetwood : le ciment de Fleetwood Mac

En 1974, Mick Fleetwood recrute le duo Stevie Nicks et Lindsey Buckingham. S’il pressentait leur valeur musicale, il n’avait pas anticipé leur rupture immédiate, déclenchant une querelle de plusieurs décennies. À cette même période, John et Christine McVie divorçaient, tandis que Fleetwood lui-même se séparait de sa femme.
Malgré ce chaos sentimental, Mick Fleetwood est resté la figure de proue, insistant sur la nécessité de rester matures pour mener à bien l’album Rumours. Christine McVie a confié à Rolling Stone que Fleetwood était celui qui permettait au groupe d’avancer. Aujourd’hui encore, il exprime régulièrement le souhait de voir Nicks et Buckingham enterrer la hache de guerre.
John McLaughlin : témoin de la violence chez Cream

Le guitariste John McLaughlin a dû composer avec la guerre permanente entre Jack Bruce et Ginger Baker au sein de la Graham Bond Organization. Cette rivalité a également marqué Eric Clapton lors de l’aventure Cream. McLaughlin a confié à Guitar Player que les tensions étaient parfois effrayantes.
Il se souvient d’un soir où Ginger Baker, agacé par un solo de basse de Jack Bruce, a commencé à lui jeter ses baguettes de batterie. En réaction, Bruce a saisi sa contrebasse pour la fracasser sur la batterie de Baker. Pour McLaughlin, cette volatilité était paradoxalement la source de leur passion musicale, ayant contribué à la création de chefs-d’œuvre comme Wheels of Fire.
Ray Davies : spectateur d’une tentative de « décapitation »

Si les frères Ray et Dave Davies sont célèbres pour leurs disputes, Ray a parfois été un simple témoin des éclats de violence au sein des Kinks. En 1965, lors d’un concert à Cardiff, une altercation a failli virer au drame. Après avoir été insulté par Dave Davies, le batteur Mick Avory a frappé ce dernier à la tête avec une cymbale.
Le choc a causé une blessure nécessitant 16 points de suture. Ray Davies a raconté à Wales Online que la police avait envisagé de poursuivre Avory pour tentative de meurtre, soulignant qu’il y avait 5 000 témoins. Bien qu’aucune suite judiciaire n’ait été donnée, cet incident reste l’un des plus sombres de la carrière du groupe.
Tommy Ramone : l’architecte d’un environnement toxique

La musique des Ramones respire la joie et l’énergie, mais la réalité en coulisses était bien différente. Tommy Ramone, qui a conçu le groupe et produit cinq de leurs albums, a confié au Hollywood Reporter qu’il n’avait jamais été amusant de faire partie des Ramones. L’amertume entre Joey et Johnny Ramone rendait l’atmosphère irrespirable.
Tommy, agissant à la fois comme directeur musical et figure paternelle, a dû voir ses « fils » métaphoriques se déchirer. Il a expliqué à Pitchfork que malgré l’humour présent dans leur œuvre, l’environnement de travail était extrêmement dur. Sans sa présence pour maintenir l’équilibre, il est probable que le groupe n’aurait pas survécu aussi longtemps.
