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Le 79e Festival de Cannes bat son plein sur la Croisette, marquant son septième jour de compétition ce mardi 19 mai 2026. Entre les projections de films attendus et les éclats du tapis rouge, cette journée a été particulièrement marquée par des débats de fond sur le progressisme et une crise ouverte entre le premier financeur du cinéma français, Canal+, et une partie de la profession.
Cristian Mungiu bouscule les idéologies avec Fjord
Près de deux décennies après avoir remporté la Palme d’or, le cinéaste roumain Cristian Mungiu fait un retour remarqué en compétition officielle. Avec son nouveau long-métrage intitulé Fjord, il s’attaque frontalement aux dérives potentielles des idéologies progressistes. Le réalisateur revendique un cinéma polémique, déplorant une tendance actuelle à produire des œuvres trop lisses qui se contentent de valider la pensée dominante du moment.
L’intrigue se déroule en Norvège, où un couple évangélique, interprété par Sebastian Stan et Renate Reinsve, voit sa vie basculer. Alors qu’ils semblaient parfaitement intégrés, des soupçons de violences intrafamiliales déclenchent une intervention brutale des autorités. Le film explore la tension entre la foi rigoureuse de cette famille et une société qui, sous couvert de tolérance, finit par stigmatiser leur mode de vie jusqu’à engager une procédure de placement pour leurs enfants, y compris un nouveau-né.
Tapis rouge et tensions industrielles
L’éclat glamour de la journée a été assuré par l’équipe du film Minotaur. Le réalisateur russe Andrey Zvyaginstev a monté les marches aux côtés de l’actrice Iris Lebedeva, dont la robe noire cintrée à traîne blanche a captivé les photographes. Cependant, derrière les paillettes, l’ambiance reste lourde en raison de la confrontation entre le groupe Canal+ et le monde du cinéma français.
Martin Ajdari, président de l’Arcom, a profité de l’événement pour appeler au calme et au dialogue. Cette intervention fait suite aux déclarations de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui a menacé de cesser toute collaboration avec les professionnels ayant signé une tribune contre Vincent Bolloré. Publié récemment dans Libération, ce texte dénonçait l’influence croissante de l’extrême droite dans le secteur cinématographique, visant directement l’actionnaire de référence du groupe audiovisuel.
Un équilibre fragile pour le cinéma français
La polémique soulève une question cruciale pour l’industrie : le cinéma français peut-il réellement se passer du soutien financier de Canal+ ? Alors que les échanges se durcissent, le régulateur de l’audiovisuel rappelle que le groupe et les créateurs sont interdépendants. Cette crise, qui occulte parfois les œuvres présentées, interroge sur l’avenir des relations entre les grands groupes de médias et la liberté d’expression des artistes en plein cœur du plus grand festival de cinéma au monde.
