Habituée aux registres plus légers, Géraldine Nakache a marqué les esprits au Festival de Cannes 2026 avec la présentation de son nouveau long-métrage, « Si tu penses bien ». Sélectionné dans la section Cannes Première, ce film marque un tournant majeur dans la carrière de la réalisatrice de « Tout ce qui brille », qui s’attaque ici à un sujet d’une grande intensité dramatique.
Une plongée dans l’emprise et la manipulation
Le récit explore la relation toxique entre une jeune femme, interprétée par Monia Chokri, et son mari, joué par un Niels Schneider jugé glaçant. Le personnage masculin utilise leur foi juive commune comme un outil de domination et de manipulation. À travers ce portrait minutieux, la réalisatrice dépeint l’avilissement progressif d’une épouse sous l’influence d’un mari qui détourne la religion pour asseoir son pouvoir.
Géraldine Nakache souligne que si la religion est au cœur de ce récit, elle sert avant tout de prétexte à la soumission. Pour la cinéaste, ce mari manipulateur aurait probablement trouvé un autre levier pour exercer son contrôle si la foi n’avait pas été leur socle commun. Le film analyse avec précision comment les mêmes idées peuvent être perçues de manières radicalement opposées au sein d’un couple.
Un nouveau registre pour la réalisatrice
Porter ce projet à l’écran n’a pas été sans difficulté pour Géraldine Nakache. Souvent associée à la comédie depuis ses débuts, elle a dû convaincre pour imposer ce récit plus grave qui lui tenait particulièrement à cœur. La réalisatrice explique que le public et l’industrie l’imaginent souvent cantonnée au genre comique, bien qu’elle n’exclue pas d’y revenir à l’avenir.
Le film, qui raconte une puissante histoire d’émancipation féminine, a reçu un accueil chaleureux sur la Croisette. Bien qu’il ne figure pas en compétition officielle, la qualité de l’interprétation du duo principal et la force de la mise en scène ont été largement saluées. Le public pourra découvrir cette œuvre en salles dès le mois de septembre prochain.
