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La comédienne Claire Maurier, figure incontournable du théâtre et du cinéma français, est décédée le dimanche 3 mai 2026 à l’âge de 97 ans. Son époux, le comédien Jean-Renaud Garcia, a officialisé la nouvelle le lendemain auprès de l’AFP.
De la Nouvelle Vague aux succès populaires
Née Odette Agramon en 1929 dans les Pyrénées-Orientales, à Céret, elle adopte le pseudonyme de Claire Maurier au début de sa carrière théâtrale dans les années 1950. Elle se fait rapidement un nom au cinéma, notamment grâce à François Truffaut qui lui confie le rôle de la mère de Jean-Pierre Léaud dans « Les Quatre cents coups » en 1959. Ce film emblématique de la Nouvelle Vague lance véritablement sa trajectoire sur grand écran.
En 1963, elle participe à l’un des plus grands succès commerciaux de l’époque, « La cuisine au beurre », où elle partage l’affiche avec Fernandel et Bourvil. Elle y incarne l’épouse de ces deux icônes, confirmant son statut dans le cinéma populaire français du début des années 1960.
Une carrière entre planches et écrans
Sa carrière connaît un nouvel élan à la fin des années 1970 avec « La Cage aux folles » d’Édouard Molinaro. Dans cette comédie culte qui a triomphé jusqu’aux États-Unis, elle interprète Simone, l’ancienne compagne du propriétaire d’un cabaret de Saint-Tropez. Quelques années plus tard, en 1981, elle obtient une nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa performance dans « Un mauvais fils » de Claude Sautet, aux côtés de Patrick Dewaere.
Après s’être consacrée davantage au théâtre, elle revient sur le devant de la scène avec « Un air de famille », la pièce écrite par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Elle reprend son rôle de mère toxique dans l’adaptation cinématographique réalisée par Cédric Klapisch en 1996, un nouveau succès public et critique qui marque les esprits.
L’icône d’Amélie Poulain
En 2001, Claire Maurier intègre l’univers de Jean-Pierre Jeunet dans « Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain ». Elle y joue la patronne du café des Deux Moulins à Montmartre, une ancienne danseuse équestre au caractère solitaire et excentrique. Ce film au destin exceptionnel a rassemblé plus de huit millions de spectateurs dans les salles françaises.
L’un de ses derniers rôles marquants remonte à 2010 dans « La Tête en friche » de Jean Becker, où elle donnait la réplique à Gérard Depardieu. Claire Maurier laisse derrière elle le souvenir d’une actrice au talent polyvalent, capable de naviguer avec aisance entre le drame de la Nouvelle Vague et les grandes comédies populaires du patrimoine français.
