L’une des chansons les plus émouvantes de l’histoire du rock a été composée par une future star bien avant qu’elle ne connaisse la gloire, alors qu’elle n’avait que 16 ans. À la fin des années 1960, Jackson Browne, figure centrale du mouvement folk et soft-rock des années 1970, écrit « These Days » et propose le titre à l’industrie musicale. Avant de sortir ses propres albums, Browne travaillait pour l’éditeur Nina Music et avait enregistré une démo pour ce qui allait devenir un classique.

Bien que Browne ait connu par la suite des succès et quelques échecs commerciaux, « These Days » demeure une œuvre d’une grande maturité, empreinte de mélancolie et de sagesse. Il est surprenant qu’un texte aussi introspectif et empreint de regrets soit né de l’esprit d’un adolescent ayant encore peu d’expérience de la vie. Si la chanteuse allemande Nico a été la première à l’interpréter, elle a ouvert la voie à de nombreux autres musiciens durant la décennie suivante.
Une multitude d’interprétations variées
La démo originale de Jackson Browne était simple, mais la structure du morceau a permis de nombreuses expérimentations. La version de Nico, parue en 1967 sur l’album « Chelsea Girl », propose une atmosphère sombre et légèrement psychédélique. En 1973, Gregg Allman en a livré une version rock sudiste pleine d’émotion sur son album « Laid Back ». La même année, Browne enregistrait enfin sa propre version officielle pour son second album studio, « For Everyman ».
« These Days » est ainsi devenu un standard des années 1970. Sans jamais être un immense succès en single, le titre est apparu sur de nombreux albums majeurs de l’époque. On le retrouve notamment chez Iain Matthews du groupe Fairport Convention, ou encore chez le producteur Terry Melcher, fils de Doris Day. D’autres artistes comme le groupe de bluegrass New Grass Revival et la chanteuse Cher ont également adopté cette œuvre de jeunesse.
Un héritage qui traverse les générations
Dans les années 1990 et 2000, la scène rock alternative a manifesté un intérêt renouvelé pour la chanson. Des groupes et artistes tels que 10,000 Maniacs, Fountains of Wayne et St. Vincent ont proposé leurs propres relectures. Le morceau a également touché une nouvelle génération grâce au cinéma : la version de Nico occupe une place centrale dans la bande originale du film de Wes Anderson, « La Famille Tenenbaum », sorti en 2001.
