Divertissement
Le mot « icône » est employé à tout bout de champ aujourd’hui, mais à l’exception peut-être d’Elvis ou des Beatles, il n’existe sans doute pas de figure plus emblématique du XXe siècle que Marilyn Monroe. La meilleure preuve en est sans doute l’œuvre d’Andy Warhol, dont le Marilyn Diptych — rien que le titre, en ne retenant pas son nom de famille, souligne déjà son statut d’icône — est devenu l’un des piliers du mouvement Pop Art. Cette mise en lumière annonçait presque la transformation de l’actrice, passée du rang d’interprète hollywoodienne à celui de marque immédiatement reconnaissable dans le monde entier.
Selon la Tate, Warhol a commencé à imprimer ses portraits de Monroe en 1962, quelques mois seulement après sa disparition prématurée, qui bouleversa le monde. Depuis lors, l’association entre Marilyn Monroe et le glamour a servi à vendre aussi bien des produits de luxe, comme le Chanel N°5 — qu’elle aurait, d’après une publicité devenue célèbre, porté pour dormir (via YouTube) — que des produits du quotidien, à l’image des barres Snickers (selon YouTube).
Mais si Marilyn Monroe est une icône, elle reste aussi une figure qui divise. Ces dernières années, certains critiques ont soutenu qu’elle était, au fond, une sorte de « proto-féministe » (via The Guardian), tandis que d’autres affirment qu’elle représente un mauvais modèle pour les jeunes femmes d’aujourd’hui (via The Collegian). Pour comprendre qui était réellement Marilyn Monroe, il faut d’abord faire éclater l’un des mythes les plus répandus à son sujet.
Marilyn Monroe portait-elle vraiment une robe taille 12 ?

Tout le monde aime une anecdote sur Marilyn Monroe qui bouscule les idées reçues. Une photo très partagée en ligne la montre, par exemple, en train de lire Ulysses de James Joyce, l’une des œuvres les plus exigeantes du modernisme littéraire. Mais la précision la plus célèbre à son sujet concerne surtout sa taille de robe : on affirme souvent qu’elle portait du 12, soit du 16 au Royaume-Uni. La diffusion massive de cette information sur Internet montre bien qu’elle continue de fasciner. Peut-être parce qu’elle ne correspond pas à l’image que l’on se fait spontanément d’elle, elle modifie notre perception de Marilyn Monroe.
Le fait qu’une des femmes les plus glamour du siècle ait eu une taille de robe considérée comme ordinaire la rend, pour certains, plus humaine et plus proche. Pour d’autres, le chiffre de 12 souligne surtout à quel point les attentes imposées aujourd’hui aux actrices et aux mannequins sont plus sévères qu’à l’âge d’or d’Hollywood. Dans le domaine du divertissement comme dans la culture populaire, ce détail est devenu bien plus qu’une simple mesure : c’est un symbole.
Mais comme l’a récemment rappelé Forbes, les tailles de vêtements actuelles sont bien plus grandes qu’il y a cinquante ans. Pourquoi ? À cause de l’« inflation des tailles » — cette pratique qui consiste, pour les enseignes de prêt-à-porter, à augmenter progressivement les dimensions de chaque taille au fil du temps, aussi appelée vanity sizing. Selon Forbes, cette méthode sert à flatter l’ego des acheteurs potentiels afin de favoriser la vente, tout en restant largement méconnue du grand public ; c’est d’ailleurs pour cette raison que deux nouvelles tailles plus petites, 0 et 00, ont été introduites. En réalité, Marilyn Monroe correspondait sans doute davantage à un 36 ou un 38 dans les tailles actuelles.
