Dans le domaine du divertissement, rares sont les stars d’action à avoir incarné les arts martiaux Jet Li avec autant d’authenticité. Depuis des décennies, sa maîtrise du kung-fu et du wushu fascine le public, au point que même les spectateurs occasionnels savent qu’il ne s’agit pas seulement d’un acteur capable de donner l’illusion du combat. Mais à quel point est-il réellement doué ? Est-il un simple acrobate de cinéma, ou l’un de ces interprètes dont la réputation repose sur une véritable discipline martiale ?
La réponse est claire : Jet Li est bel et bien un authentique pratiquant d’arts martiaux. Né dans une famille modeste, il découvre le wushu, terme chinois désignant le kung-fu, à l’âge de 8 ans. Son talent apparaît très vite, au point que sa famille l’envoie dans une école sportive spécialisée. À seulement 11 ans, il remporte son premier championnat, une victoire qui le propulse dans l’équipe de wushu de Pékin. Cette équipe parcourt alors plus de 45 pays, dont les États-Unis, et le jeune Li y présente même ses techniques devant le président Richard Nixon. Sa carrière sportive prend ensuite une dimension exceptionnelle : il décroche le titre de champion national toutes catégories de wushu pendant cinq années consécutives, avant de prendre sa retraite sportive à 17 ans seulement. Son passage au cinéma n’a pas effacé ce bagage ; au contraire, il a permis au monde entier de mesurer l’étendue de ses compétences.
Fait intéressant, Jet Li lui-même explique qu’il ne s’est pas destiné d’emblée aux arts martiaux. D’après sa propre version, il a été inscrit par hasard à un cours de wushu à l’école, sans même savoir précisément de quoi il s’agissait. En réalité, sa route aurait pu être tout autre : il aurait tout aussi bien pu être orienté vers la natation, le football ou la gymnastique. Ce hasard a pourtant façonné l’une des plus grandes légendes du cinéma d’action et de la culture martiale asiatique.

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Aujourd’hui, la pratique des arts martiaux de Jet Li n’a plus l’intensité d’autrefois. Selon le South China Morning Post, l’acteur a révélé en 2018 que ses nombreuses blessures, ajoutées à une lutte contre l’hyperthyroïdie qui dure depuis près de dix ans, ont considérablement réduit son agilité. Son traitement a entraîné une prise de poids, et son rythme cardiaque au repos atteint environ 130 à 140 battements par minute, bien au-dessus des valeurs habituellement observées chez l’adulte.
Le bilan physique accumulé au fil de sa carrière est impressionnant, et même inquiétant. Dès 1982, Jet Li souffre déjà d’une longue liste de blessures, dont une jambe cassée. Par la suite, les traumatismes s’accumulent : vertèbre fêlée, côtes brisées, fracture sévère de la cheville gauche, sans oublier plusieurs lésions internes. En 2013, ses médecins lui ont clairement indiqué que poursuivre les films d’action pourrait le conduire un jour en fauteuil roulant. Pourtant, malgré la douleur et la diminution de ses capacités, l’esprit du combattant demeure intact. Comme il le dit lui-même : « J’ai mal, mais je ne suis pas encore en fauteuil roulant. »
Ainsi, au-delà du cinéma et du spectacle, les arts martiaux Jet Li racontent l’histoire d’un parcours exceptionnel, forgé très tôt par le wushu, nourri par le kung-fu et marqué par une ténacité qui continue d’inspirer les amateurs de culture asiatique et de films d’action.
