La vérité méconnue sur Moïse : faits étonnants et légendes

par Olivier
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La vérité méconnue sur Moïse : faits étonnants et légendes
Egypte, Israël

Faits historiques et légendes autour de Moïse

Charlton Heston dans Les Dix Commandements, Moïse

Pour faire la transition avec les sections voisines, voici une synthèse structurée des éléments historiques et des traditions surprenantes entourant Moïse, tels qu’ils apparaissent dans les textes et les traditions anciennes.

  • Le sens du nom reste incertain : le récit biblique explique que la fille du pharaon l’aurait appelé « Moïse » (« tiré [de l’eau] »), mais la plupart des spécialistes modernes penchent pour une origine égyptienne — possiblement du terme « mes » (« fils de ») — et proposent aussi des parallèles avec des mots égyptiens pour « eau ». Voir notamment des discussions étymologiques approfondies : https://www.behindthename.com/name/moses et https://www.etymonline.com/word/moses.

  • Légende de l’enfant qui porta la couronne : des récits rabbiniques rapportent qu’enfant, Moïse aurait saisi la couronne du pharaon, déclenchant une série d’épreuves destinées à déterminer s’il était le futur libérateur. Un ange déguisé guiderait sa main vers un charbon brûlant, le sauvant ainsi d’être perçu comme un augure dangereux.

  • Un meurtre à l’origine de son exil : selon l’Exode, le jeune Moïse tua un surveillant égyptien qui battait un Hébreu, puis le cacha dans le sable. Cet épisode, qui provoqua son départ vers Madian, est interprété différemment selon les traditions (homicide volontaire, légitime défense ou sanction rituelle selon certaines sources). Verset de référence : https://www.biblegateway.com/passage/?search=Exodus+2%3A11-15&version=NRSV.

  • Un trouble de la parole ? Moïse se décrit comme « lourd de bouche et lourd de langue », expression souvent traduite par un bégaiement ou une autre difficulté d’élocution. Diverses interprétations existent : conséquence légendaire d’un charbon mis dans sa bouche, accent égyptien, ou simple hésitation rhétorique. Voir commentaire et débats : https://www.chabad.org/parshah/article_cdo/aid/1093373/jewish/Why-Did-G-d-Make-Moses-Stutter.htm et https://www.firstthings.com/web-exclusives/2013/09/was-moses-a-stutterer.

  • Une scène énigmatique où Dieu veut le tuer : au retour de Madian, un passage troublant rapporte que « quelqu’un » attaque Moïse à une halte, et que sa femme Zipporah le sauve en pratiquant la circoncision de leur fils et en lançant une remarque cryptique. L’explication traditionnelle lie l’incident à la non-observance de l’alliance de la circoncision (voir analyse : https://www.biblestudy.org/question/why-did-god-want-to-kill-moses.html).

  • Rivalité et mise en valeur d’Aaron : l’image traditionnelle présente Aaron comme le frère porte-parole et grand prêtre, mais les chercheurs soulignent que les sources les plus anciennes donnaient à Moïse un rôle encore plus central, et que certaines traditions postérieures ont revalorisé Aaron (cf. panorama des sources sacerdotales).

  • Une intimité unique avec Dieu — et la « vue du dos » : Moïse est décrit comme parlant face à face avec Dieu, puis recevant l’autorisation de voir la « gloire » divine partiellement — traditionnellement formulée comme la vision du dos de Dieu, car la vision complète serait mortelle. Une synthèse interprétative se trouve ici : https://www.crossway.org/articles/what-did-moses-see-when-he-saw-the-back-of-god/.

  • Légende des « cornes » : l’expression hébraïque pour « rayonnement » a pu être traduite de façon ambiguë, conduisant à l’image médiévale et artistique (notamment chez Jérôme puis Michel-Ange) d’un Moïse pourvu de cornes. L’erreur résulte d’une traduction linguistique malheureuse plutôt que d’une croyance littérale.

  • Il n’atteint pas la Terre promise : malgré son rôle de guide du peuple, Moïse meurt avant d’entrer en Canaan. La tradition relate que, en raison de l’épisode où il frappe un rocher au lieu de parler à Dieu pour en faire jaillir de l’eau, il perdit l’autorisation d’entrer dans le pays promis (explications historiques et traditionnelles disponibles dans les commentaires traditionnels).

  • Lutte angélique autour de son corps : des traditions apocryphes et post-bibliques racontent que Dieu cacha la tombe de Moïse pour éviter sa vénération, et qu’un affrontement se serait produit entre l’archange Michel et l’adversaire cherchant à dévoiler le corps — motif conservé notamment dans l’Assomption de Moïse (fragment et références : https://biblehub.com/library/deane/pseudepigrapha/the_assumption_of_moses.htm).

  • Attributions exagérées : inventeur de l’alphabet ? certaines traditions gréco-juives attribuent à Moïse l’invention des lettres et la transmission de lois, allant jusqu’à le confondre avec des figures culturelles antiques. Ces affirmations relèvent davantage de l’hyperbole littéraire que d’une réalité historique attestée (voir fragment d’Eupolemos et commentaires : https://www.jewishvirtuallibrary.org/eupolemus).

  • Le motif du « bébé sauvé d’un fleuve » est universel : la vie de Moïse résonne avec d’autres récits anciens — Sargon d’Akkad, Karna dans l’épopée hindoue, ou même la trame d’Œdipe — où un enfant abandonné sur l’eau est retrouvé et élevé avant d’accomplir un destin hors du commun. Ce motif littéraire commun nourrit l’hypothèse que la figure de Moïse est, au moins en partie, construite à partir d’un patrimoine de récits partagés (comparaisons : https://www.ancient.eu/article/746/the-legend-of-sargon-of-akkad/ et https://web.archive.org/web/20190718192430/https://www.kattaikkuttu.org/the-character-karna).

En guise de transition vers la section suivante, ces éléments montrent comment l’histoire, la légende et les lectures théologiques se mêlent pour faire de Moïse une figure à la fois historique et mythique, riche en variations et en interprétations.

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