Le Dernier Pharaon Égyptien : Nectanebo II ou Cléopâtre ?

par Olivier
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Le Dernier Pharaon Égyptien : Nectanebo II ou Cléopâtre ?
Égypte

Histoire

La question du dernier pharaon égyptien dépend en grande partie de la manière dont on définit le mot « égyptien ». Si l’on parle simplement de quelqu’un lié à l’Égypte, alors Cléopâtre s’impose clairement comme la dernière souveraine pharaonique. En revanche, si l’on entend par là un pharaon de naissance égyptienne, le nom qui s’impose est celui de Nectanebo II.

Cette distinction peut sembler délicate, car elle touche à l’idée d’identité et d’héritage dans l’histoire de l’Égypte ancienne. Pourtant, elle permet de mieux comprendre deux figures majeures, chacune à sa manière, qui ont marqué la fin d’une époque. Nectanebo II incarne le dernier souverain autochtone, tandis que Cléopâtre représente l’ultime grande reine de l’Égypte pharaonique sous domination étrangère.

Sphinx

Nectanebo II renversa son propre frère

Au Ve siècle av. J.-C., la Perse dominait la région, avant que l’Égypte ne retrouve son autonomie en 404 av. J.-C. selon les récits historiques. Plus tard, le pharaon Nectanebo I parvint à repousser une nouvelle offensive perse en 373 av. J.-C., ouvrant une période souvent décrite comme un âge de restauration nationale. À sa succession, son fils Teos monta sur le trône, tandis qu’un autre de ses fils, Nectanebo II, commandait les troupes égyptiennes en Syrie.

Les sources grecques laissent entendre que des prêtres égyptiens mécontents se seraient retournés contre Teos et auraient soutenu Nectanebo II comme nouveau pharaon. Certains historiens envisagent toutefois une autre hypothèse : le roi de Perse aurait appliqué sa stratégie habituelle de division, en finançant Nectanebo pour qu’il renverse Teos avant de s’attaquer ensuite à lui. Dans cette période troublée de l’histoire égyptienne, les jeux d’alliances comptaient souvent autant que les armées.

Les Perses tentèrent deux fois de déstabiliser Nectanebo II, et la seconde tentative réussit. Le pharaon dut fuir Memphis, la capitale de l’Égypte, puis se réfugia en Nubie, où il mourut vers 341 av. J.-C. Avec lui s’éteignait le dernier souverain né en Égypte à régner sur le pays. Plus tard, lorsque Alexandre le Grand conquit l’Égypte, une tradition rapportée par l’Ancient History Encyclopedia affirma même que Nectanebo II aurait été son père.

Sphinx portraying Nectanebo II

Cléopâtre, une reine redoutable

Cléopâtre a longtemps été réduite, dans l’imaginaire moderne, à ses relations personnelles, alors que l’essentiel de son règne réside dans ses actes politiques et militaires. Elle prit le pouvoir en 51 av. J.-C., à la mort de son père, Ptolémée XII. Selon Live Science, elle contrôlait alors un vaste territoire qui englobait Chypre, une partie de la Libye, des régions du Moyen-Orient et, bien sûr, l’Égypte.

Smithsonian souligne qu’elle commandait l’armée et la marine, négociait avec d’autres puissances et gérait efficacement l’économie. Dans le contexte de l’histoire de l’Égypte antique, son règne témoigne d’un mélange rare de stratégie, d’autorité et de diplomatie. Cléopâtre n’était pas seulement une figure fascinante : elle était une dirigeante accomplie.

Elle fut aussi une souveraine impitoyable. Écartée du pouvoir par son premier mari, qui était également son frère, elle reprit l’avantage avec l’aide de Jules César, avant d’épouser puis de faire tuer un autre de ses frères. Elle fit également assassiner sa sœur. Son instinct de survie n’avait d’égal que son intelligence, son audace et son esprit. Qu’elle soit ou non le « véritable » dernier pharaon égyptien, Cléopâtre demeure incontestablement l’une des plus grandes figures de l’histoire.

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