L’incident hilarant qui a causé 10 000 morts dans l’histoire

par Olivier
0 commentaires
A+A-
Reset
L'incident hilarant qui a causé 10 000 morts dans l'histoire
Grèce, Rome

Récits anciens de flatulences aux conséquences dramatiques

Poursuivant le fil des croyances antiques, plusieurs anecdotes montrent que le pet — ou « fart » — n’était pas toujours réduit au registre du comique : il pouvait revêtir une charge symbolique, religieuse et même mortelle. L’une des plus célèbres met en scène le philosophe Cratès et Metrocles de Marneia. Metrocles, élève du Lycée d’Aristote, eut l’humiliation publique de lâcher un pet pendant un cours. Selon le récit, Cratès vint le consoler, lui donna des fèves de lupin et, pour clore son réconfort, émit un pet retentissant afin de prouver que rien de honteux ni d’inhabituel ne s’était produit (source : https://www.ancient.eu/Crates_of_Thebes/).

Femme se bouchant le nez

Cette anecdote, certes légère, reflète une inquiétude plus profonde : dans l’Antiquité, les fèves et leurs flatulences étaient parfois perçues comme des emblèmes de mort. Des sources anciennes et modernes notent que les Égyptiens, les Grecs et les Romains associaient les haricots à l’au‑delà, si bien que certains, comme Pythagore, s’abstenaient d’en consommer par crainte que l’âme ne s’échappe avec le vent expulsé (voir https://www.atlasobscura.com/articles/favism-fava-beans et https://www.thedailybeast.com/how-a-fart-killed-10000-people). L’étymologie illustre aussi cette intuition : le grec anemos signifie « vent », tandis que le latin anima renvoie à la « respiration » ou à l’âme (références historiques : https://books.google.com/books?id=I0UMAAAAIAAJ&ppis=_c&pg=PA149#v=onepage&q&f=false).

Plus sombrement, un incident pendant une célébration de Pâque en 44 apr. J.-C. documenté par l’historien Flavius Josèphe montre comment une provocation flatulente d’un soldat romain dégénéra en massacre. Selon le récit, le soldat, posté en sentinelle, se dénuda partiellement et laissa échapper un pet en proférant des paroles offensantes. La foule s’enflamma, des jets de pierres furent lancés, des renforts romains intervinrent et la confusion entraîna une bousculade meurtrière — Josèphe évoque jusqu’à 10 000 morts lors de la fuite désordonnée (source : https://books.google.com/books?id=dzXo09e488kC&lpg=PP1&pg=PA8#v=onepage&q&f=false).

Portrait ancien associé à Flavius Josèphe

Le rôle du vocabulaire et de la satire dans ces affaires apparaît aussi dans la comédie grecque. Aristophane, dans Les Nuées (419 av. J.-C.), ridiculisa Socrate en usant d’images flatulentes : le philosophe y explique les orages comme le produit de « nuages » coupant le fromage, comparant le ciel à un corps qui libère des vents. Cette caricature contribua, selon certains récits, à forger une opinion publique hostile ; Platon et d’autres suggèrent que la représentation satirique d’Aristophane pesa sur la réputation de Socrate et sur le climat qui mena à son procès (lecture de la pièce : http://classics.mit.edu/Aristophanes/clouds.html ; contexte philosophique : https://plato.stanford.edu/entries/socrates/#ThrPriSouAriXenPla).

Détail de La Mort de Socrate

Enfin, le pet a parfois servi d’insulte politique lourde de conséquences. Durant le règne d’Élisabeth Ire, le comte d’Oxford aurait été si humilié d’avoir pété en s’inclinant devant la reine qu’il s’exila plusieurs années (voir https://www.historic-uk.com/HistoryUK/HistoryofEngland/Queen-Elizabeth-I/). Dans l’Égypte du VIe siècle av. J.-C., un geste scabreux du général Amasis — qui fit parvenir à son souverain un message sous forme de pet — précipita un renversement de pouvoir lorsque le pharaon Apphris (Apriès) fit maltraiter le messager aimé du peuple, provoquant la colère générale et l’avènement d’Amasis (source : https://www.mentalfloss.com/article/71138/fart-started-revolution).

  • Cratès console Metrocles en répondant par un pet, montrant que la honte était surmontable (https://www.ancient.eu/Crates_of_Thebes/).
  • Durant un festin pascal en 44 apr. J.-C., un soldat romain provoqua une panique qui coûta la vie à des milliers de personnes (https://books.google.com/books?id=dzXo09e488kC&lpg=PP1&pg=PA8#v=onepage&q&f=false).
  • Aristophane ridiculisa Socrate en termes flatulents, contribuant à sa stigmatisation publique (http://classics.mit.edu/Aristophanes/clouds.html).
  • Des pets politiques peuvent déclencher révoltes et chutes de souverains, comme dans l’exemple d’Apries et d’Amasis (https://www.mentalfloss.com/article/71138/fart-started-revolution).

Ces épisodes, mêlant superstition, satire et affrontements sociaux, montrent combien un acte aussi banal que lâcher un pet — ou en parler — pouvait, selon les contextes culturels et politiques, prendre une portée extraordinaire et parfois tragique. Pour la suite de l’article, d’autres récits continueront d’explorer comment le « fart » traverse à la fois le comique et le dramatique dans l’histoire.

Suggestions d'Articles

Laisser un Commentaire