Lynyrd Skynyrd raconté en 12 morceaux

par Angela
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Lynyrd Skynyrd raconté en 12 morceaux
États-Unis

Lynyrd Skynyrd figure parmi les groupes les plus importants du rock des années 1970 et demeure l’une des formations les plus influentes et originales. Originaire de Floride, ce collectif a fusionné de multiples courants du répertoire américain pour donner naissance à un son neuf et en constante évolution, un mélange brûlant de rock, blues, country et Americana. Né sur les bancs du lycée, le groupe a pris son nom d’un professeur de gym au caractère bien connu, et tout au long des années 70 il a parcouru des scènes de plus en plus vastes, porté par des voix tantôt exaltées tantôt rauques et par la guitare aiguisée des fondateurs.

Lynyrd Skynyrd devant sa remorque lors d'un concert de 1976
Lynyrd Skynyrd devant sa remorque lors d’un concert de 1976.

Need All My Friends

Avant d’adopter le nom Lynyrd Skynyrd, le collectif de musiciens dans la vingtaine cherchait son identité sous l’appellation One Percent. En 1969, un responsable d’un magasin de Jacksonville organise une session en studio, et le groupe enregistre deux titres pour le vendre à ses fans et attirer l’attention des radios. Ronnie Van Zant choisit les morceaux les plus radio-friendly et, avec Michelle, écrit sur sa jeune fille, le duo Need All My Friends et Michelle voit le jour. Entre l’instant où les copies furent pressées par le petit label Shade Tree Records (quelques centaines d’exemplaires), le nom du groupe oscilla encore entre différentes graphies, mais ce fut le premier pas vers un contrat et la naissance officielle de Lynyrd Skynyrd.

Down South Jukin’

La plupart des fans n’entendent pas Down South Jukin’ avant la tragédie qui mettra fin à l’ère initiale de Lynyrd Skynyrd en 1977. Il s’agit de la piste d’ouverture de la compilation Skynyrd’s First and… Last, regroupant des enregistrements peu connus et rudimentaires. Selon l’écoute, le morceau n’est qu’un démo, enregistré au Muscle Shoals Sound Studios dans l’Alabama, mais il demeure un artefact précieux pour les collectionneurs. Le son des débuts était encore brut; écrite par Gary Rossington et Ronnie Van Zant, cette piste témoigne d’un groupe en plein apprentissage, prêt à révéler son identité future et sa sensibilité musicale.

Gimme Three Steps

À mesure que le groupe gagnait en notoriété, Gimme Three Steps est devenu l’un des titres les plus diffusés aujourd’hui, même s’il n’a pas connu un succès fulgurant dès sa sortie en tant que premier single de l’album Pronounced Leh-Nerd Skin-Nerd (1973). Il annonçait toutefois l’arrivée d’un Lynyrd Skynyrd qui mêlerait les façons anciennes et les innovations futures du rock. Le réalisme lyrique parle d’événements vécus par Ronnie Van Zant; les paroles décrivent une altercation dans un bar, avec une réplique qui mêle audace et humour. Ce mélange de rock boogie, blues et Americana instaure le ton des morceaux emblématiques à venir.

Sweet Home Alabama

Premier grand succès du groupe, Sweet Home Alabama ouvre l’album Second Helping (1974). C’est aussi une thèse musicale sur le rock sudiste, mêlant fierté du Sud et énergie fédératrice. Le morceau est à la fois un hymne et une réponse, car il s’agit d’un contrepoint ironique à Neil Young et à ses chansons critiques envers le Sud — Southern Man et Alabama. Lynyrd Skynyrd, fans de Young, répond par ce titre qui cite même le nom de l’auteur et ses œuvres contestées, tout en affirmant l’identité du Sud et le caractère unique du groupe.

Free Bird

Parmi les pièces les plus célèbres et les plus flamboyantes du rock des années 1970, Free Bird est une épopée en plusieurs mouvements. Bien que fortement associée au rock sudiste, la pièce conjugue une mélodie principale blues et un vocal puissant, avec une montée finale où les guitares s’enchaînent à grande vitesse. Sortie en 1975, elle est rapidement devenue le rappel favori des concerts et a durablement consolidé le statut du groupe dans le panthéon du rock. Elle a aussi inspiré la tradition du public qui crie « Free Bird » lors des concerts.

Saturday Night Special

La décennie des années 70 voyait le groupe explorer des thèmes plus conscients et plus politiques. Saturday Night Special, tiré de l’album Nuthin’ Fancy (1975), s’attaque sans détour à l’usage et à la possession d’armes, offrant une vision socialement engagée rarement vue dans le rock de l’époque. Porté par le son caractéristique à plusieurs guitares de Lynyrd Skynyrd, le morceau dénonce les archétypes machistes et propose une réflexion sur la violence. Cette pièce marque aussi une rupture commerciale et ouvre la voie à une reconnaissance plus large lorsque le morceau figure dans la bande-son du film The Longest Yard, apportant une exposition accrue.

What’s Your Name

Sur l’album One More From the Road (1976), le live qui a consolidé le turfu du groupe, What’s Your Name est un morceau brut, dansant et résolument vivant. Le récit se passe à Boise, dans l’Idaho, et fait écho à une tournée inaugurée par le groupe .38 Special. En dehors de ce cadre, dit le guitariste Gary Rossington, l’histoire est essentiellement vraie: un de nos roadies s’est disputé dans un bar et nous a valu d’être expulsés, sans que cela n’altère l’élan des concerts. Cette ambiance jeune et libre fit décoller le morceau jusqu’au No.13 du classement pop.

That Smell

That Smell explore une face plus sombre du groupe au cours des années 70. Ronnie Van Zant a écrit ce titre comme un avertissement à ses amis, exprimant une inquiétude face à des comportements autodestructeurs, qui se révéleraient bientôt tragiquement exacts. Cette chanson figure dans Street Survivors (1977), dernier album studio de la période, conçu avant les événements qui marqueraient le groupe. L’atmosphère morose est née de soucis personnels et d’une série d’accidents impliquant plusieurs membres, renforçant l’impression d’un destin qui leur échappe.

You Got That Right

La reformation des années 80 a été marquée par le retour de Lynyrd Skynyrd, et ce fut aussi le cas pour You Got That Right, coécrite par Cassie Gaines et Ronnie Van Zant. Sortie après le retour du groupe dans une version réorganisée, la chanson est l’un des derniers titres enregistrés par l’ancienne formation et est parue comme single posthume en avril 1978, atteignant le No. 69 sur le classement pop.

Truck Drivin’ Man

Suite au crash aérien de 1977 qui emporta plusieurs membres, les survivants reprirent le chemin des studios après une pause d’une décennie. La reformation menée par Gary Rossington donna lieu à une tournée de réunion en 1987, pour rendre hommage à leurs camarades disparus. Lynyrd Skynyrd invita des voix invitées sur certaines chansons, tout en interprétant Free Bird comme instrumentale afin de permettre au public de chanter le texte en choeur. Le projet donna aussi naissance à une collection inédite, Legend, et Truck Drivin’ Man, bien que tiré d’enregistrements anciens, fut accueilli favorablement et devint No. 12 sur le classement rock. Cela démontra que le groupe n’était pas fini et que sa popularité avait gagné en ampleur.

Smokestack Lightning

À partir de la fin des années 80, Lynyrd Skynyrd amorça une seconde ère de tournées et d’albums. Le retour discographique débuta avec l’album Lynyrd Skynyrd 1991 (1991), porté par le remplacement respectable de Van Zant par Johnny Van Zant et l’absence de trop de références au hard rock des années 90. Le premier single, Smokestack Lightning, est un morceau boogie-blues porté par le piano et un tempo rapide; malgré son style inattendu, il renoue avec l’énergie du groupe et frôle le top 5 de la catégorie rock.

Red White and Blue

Le Lynyrd Skynyrd des années 2000 a joué un rôle important dans la constitution d’un Southern rock contemporain et a inspiré des artistes country-rock comme Kid Rock. En 2003, le groupe publie une chanson patriotique marquée par la fierté américaine, démontrant des valeurs claires comme la famille, le travail et la nation. Cette œuvre s’inscrit dans le dernier chapitre historique du trio partirait vers une approche de réminiscence et de nostalgie. Avec le décès du dernier membre original Gary Rossington en 2023, Lynyrd Skynyrd n’entretient plus de liens directs avec son passé glorieux, marquant une fin symbolique pour une histoire musicale complexe.

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