Contexte historique
Poursuivant l’exploration des vestiges néolithiques, une spectaculaire découverte a permis de relier un fragment de matière à l’apparence et au mode de vie d’une femme vivant il y a environ 5 700 ans. Il s’agit d’un morceau de goudron de bouleau durci — qualifié par certains de chewing-gum ancien — retrouvé scellé sous des couches de sable et de limon, qui a conservé l’ADN humain et microbien en étonnante quantité.

Le fragment provient d’un site côtier du sud du Danemark, un ancien village de pêcheurs implanté dans une lagune protégée par des îles-barrières de sable. Le goudron de bouleau, utilisé couramment à l’époque pour coller des objets ou pour réparer des outils en pierre, pouvait aussi être mâché — comme une gomme — soit pour ses propriétés adhésives, soit peut‑être pour le simple plaisir.
Les analyses génétiques menées sur ce « chewing-gum ancien » ont offert un aperçu direct et peu courant de la vie quotidienne et de la biologie d’une personne néolithique. Parmi les informations extraites :
- Apparence probable : peau plutôt foncée, cheveux bruns et yeux d’un bleu perçant.
- Éléments du régime alimentaire récent : noisette et canard colvert (mallard).
- État de santé et microbiome : présence d’agents infectieux (par exemple des marqueurs liés à l’herpès et à des infections respiratoires) et intolérance au lactose.
- Informations démographiques : indices sur les origines de la population locale et sur la transition éventuelle vers des pratiques agricoles.

Ce matériel organique carbonisé se révèle être une source précieuse d’ADN ancien, openant la voie à des reconstitutions génomiques complètes et à l’étude des comportements alimentaires et sanitaires des communautés néolithiques. À l’échelle de l’histoire, un petit morceau de goudron peut ainsi transformer notre compréhension des vies individuelles et collectives du passé, et enrichir les récits sur l’apparition des pratiques agricoles et des réseaux de peuplement.
