Un champignon attiré par les radiations à Tchernobyl

Le 26 avril 1986, une montée de puissance lors d’un test de sûreté provoqua une catastrophe majeure au réacteur n°4 de Tchernobyl, alors en Ukraine soviétique. Le toit du réacteur explosa, libérant d’importantes quantités de matière radioactive dans la région et au‑delà, jusqu’en Europe de l’Ouest. Les retombées ont généré des zones fortement contaminées autour du site.
Pour circonscrire la contamination, une zone d’exclusion de 30 km fut établie et des travaux colossaux ont été engagés pendant des décennies pour confiner le réacteur endommagé. Malgré ces protections, le secteur autour du site demeure l’un des plus contaminés de la planète.
Plusieurs faits marquants :
- Contamination étendue par des isotopes comme le césium-137, détectable à grande distance.
- Mise en place d’une vaste enceinte de confinement pour limiter la dispersion des radiations.
- Création d’une zone interdite où la nature a repris ses droits, mais sous contrainte radioactive.
Parmi les découvertes surprenantes faites dans cette zone hostile figure un champignon dit « consommateur de radiation ». Contrairement à des organismes qui se contentent de tolérer des milieux extrêmes, ce champignon noir semble être attiré par les zones les plus irradiées et pourrait exploiter la radiation.
Quelques éléments clés à propos de ce champignon :
- Il s’agit d’un type de moisissure noire, observée pour la première fois dès 1991 dans l’enceinte contaminée.
- Des chercheurs ont noté que ce champignon se concentre dans les endroits où la radioactivité est la plus élevée.
- Une hypothèse avancée par des travaux ultérieurs propose que le champignon convertirait une partie du rayonnement ionisant en énergie chimique exploitable — une forme de « photosynthèse » aux rayons ionisants.
Cette capacité potentielle soulève des questions fascinantes pour la biologie des extrêmophiles et pour la compréhension des interactions entre organismes vivants et radiations. Le cas du champignon de Tchernobyl illustre comment la vie peut non seulement résister à des conditions apparemment mortelles, mais aussi tirer parti d’une source d’énergie inhabituelle.
