Pollution marine : l’ampleur du fléau
Pour illustrer l’ampleur du problème, une découverte en 2019 le long des côtes écossaises a mis en lumière une réalité glaçante. Un cachalot échoué a été autopsié par une équipe chargée du suivi des animaux marins, qui a trouvé dans son estomac une masse compactée de déchets.

Le cadavre contenait l’équivalent de 220 livres de vestiges : filets, cordages, gobelets, sangles d’emballage, tuyaux, sacs et autres débris formant une boule volumineuse. Malheureusement, cet exemple n’est pas isolé :
- En mars 2019, le ventre d’un autre cétacé retrouvé aux Philippines contenait 88 livres de plastique.
- Un animal découvert sur la côte italienne en avril la même année avait ingéré environ 50 livres de plastique.
Ces constats sont loin d’être anecdotiques ; ils illustrent une crise générale qui touche les écosystèmes marins à grande échelle. Comme le rappelle l’analyse des spécialistes, la responsabilité est partagée entre l’industrie de la pêche et les comportements de consommation de chacun.

Sur le plan global, les chiffres sont frappants. La National Oceanic and Atmospheric Administration indique qu’environ huit millions de tonnes métriques de plastique rejoignent les océans chaque année (NOAA). D’autres estimations, plus élevées, avancent jusqu’à treize millions de tonnes (Pew).
Les déchets voyagent loin : des études rapportent la présence de plastiques jusqu’au fond de la fosse des Mariannes, où des emballages envahissaient l’habitat de crustacés récemment découverts (BBC).
Les conséquences pour la faune marine sont multiples :
- Le plastique tue potentiellement jusqu’à un million d’oiseaux marins par an et affecte près de 800 espèces à travers le monde (Pew).
- Les animaux s’empêtrent dans les déchets ou s’étouffent en ingérant des fragments qui ne se dégradent pas et se fragmentent en microplastiques.
- Les microplastiques s’accumulent dans la chaîne alimentaire : ils appauvrissent la nutrition des organismes marins et remontent jusqu’aux humains (Florida Museum, The Conversation).
Le plastique n’est qu’une part du problème. D’autres sources de pollution contribuent à détériorer la santé des océans :
- Les hydrocarbures issus des fuites de véhicules et d’accidents rejoignent les mers (NOAA – pollution).
- Les ruissellements agricoles transportent vers la mer engrais et produits chimiques.
- La pollution atmosphérique, notamment l’excès de dioxyde de carbone dû à la combustion d’énergies fossiles, acidifie l’eau de mer et menace les organismes marins (NOAA – acidification).
Ces éléments dressent un portrait alarmant de la pollution de l’océan et de ses répercussions sur la biodiversité et la sécurité alimentaire. La prise en compte de ces données est essentielle pour concevoir des réponses efficaces et durables.
