L’ancien gardien de but de l’équipe nationale iranienne, Mohammad Rashid Mazaheri, se trouve actuellement derrière les barreaux. Son épouse, Maryam Abdollahi, a brisé le silence sur les réseaux sociaux pour dénoncer une incarcération motivée par des critiques politiques à l’encontre de l’ancien guide suprême Ali Khamenei.
Selon les déclarations de sa femme publiées sur Instagram, le footballeur de 37 ans est détenu dans des conditions d’isolement particulièrement éprouvantes à Ourmia, dans le nord-ouest du pays. Elle souligne le courage de son mari, affirmant qu’il paie aujourd’hui le prix de ses convictions pour avoir défendu ce qu’il estimait juste.
Des versions contradictoires sur les motifs de l’arrestation
La justice iranienne, via son agence de presse Mizan, présente une version différente des faits. Les autorités affirment que Mazaheri a été interpellé alors qu’il tentait de franchir illégalement la frontière occidentale de l’Iran. Pour échapper aux contrôles, le sportif aurait modifié son apparence physique et tenté de corrompre des agents frontaliers.
Toutefois, le contexte politique semble peser lourdement dans cette affaire. En février dernier, le joueur avait publié un message cinglant sur les réseaux sociaux, qualifiant Ali Khamenei de « simple chapitre sombre et éphémère » de l’histoire iranienne. Ce message, supprimé depuis, intervenait après les importantes manifestations de janvier, mais avant le déclenchement du conflit armé de la fin février au cours duquel le guide suprême a été tué.
Une répression accrue contre les figures du sport
Le cas de Mohammad Rashid Mazaheri n’est pas isolé. Les autorités iraniennes ont intensifié les mesures de rétorsion contre les figures du sport critiquant le pouvoir. Plusieurs personnalités ont vu leurs biens saisis ou leurs avoirs gelés par le système judiciaire :
- Ali Karimi, ancienne gloire du football en exil, a fait l’objet de la saisie de six propriétés.
- Zahra Ghanbari, capitaine de l’équipe féminine, a subi un blocage temporaire de ses avoirs après avoir initialement déposé une demande d’asile en Australie.
Cette vague de répression s’inscrit dans un climat de tension extrême, marqué par des perquisitions au domicile des opposants et une surveillance accrue des personnalités publiques qualifiées de traîtres par le pouvoir en place.
