Un rapport de la Cour des comptes publié mercredi constate que l’usage de l’intelligence artificielle France Travail a permis des « gains d’efficience » mais révèle « des lacunes importantes » en matière de protection des données.
Les Sages de la rue Cambon relèvent que les outils d’IA déployés ont allégé la charge des conseillers et réduit les coûts grâce à une meilleure performance des solutions numériques et à l’abandon de dispositifs devenus inutiles. L’IA a notamment facilité l’orientation des courriels — passés de 19,5 millions en 2017 à 34,3 millions en 2024 — vers les services compétents.
Selon la Cour des comptes, le recours à l’IA a permis aux conseillers de se concentrer davantage sur l’accompagnement, d’augmenter le nombre global d’entretiens avec les demandeurs d’emploi, d’améliorer la qualité du service, de réduire les délais de traitement des allocations et de renforcer l’autonomie des usagers.
De vrais gains grâce à l’IA
L’outil d’analyse automatique des CV facilite l’inscription : le demandeur d’emploi peut valider le préremplissage de son profil de compétences à partir de son CV, ce qui représente un gain de temps. Le rapport cite aussi une solution qui, au moment du dépôt d’une offre d’emploi, permet d’empêcher sa diffusion si elle est illégale.
La Cour des comptes estime le cumul des gains liés à l’IA à 120 millions d’euros pour la période 2017–2025 — un montant qui, selon elle, devrait logiquement augmenter à l’avenir. Ce chiffre est légèrement supérieur aux coûts de développement de ces outils, évalués à 93 millions d’euros pour 2017–2024, plus 15 millions estimés pour 2025.
Les lacunes sur la protection des données
La Cour observe que ces gains n’ont pas entraîné une réduction nette des effectifs de l’opérateur, mais ont plutôt abouti à des redéploiements internes. Elle souligne cependant que « le respect du cadre normatif par l’opérateur présente des lacunes importantes », pointant des faiblesses au regard du règlement général sur la protection des données (RGPD).
L’opérateur a engagé, depuis le printemps 2025, un plan d’actions sur ce sujet. Dans sa réponse à la Cour, le directeur général de France Travail, Thibaut Guilluy, affirme son « adhésion aux préoccupations majeures de la Cour en termes de sécurité et conformité ».
Les Sages recommandent également d’étudier la mise en place d’un outil permettant aux demandeurs d’emploi de connaître le montant de leur indemnisation, dispositif actuellement testé auprès des conseillers de France Travail. Cette information représente 55 % des appels et 40 % des courriels reçus.
