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Significations cachées des monstres volants
Poursuivons l’examen d’un des aspects les plus dérangeants de l’univers d’Oz : les fameux «monstres volants». À première vue, l’œuvre de L. Frank Baum a été façonnée pour émerveiller les enfants, mais une lecture attentive révèle des couches plus sombres et des sous-entendus historiques qui méritent d’être scrutés.

Image : Denslow / Wikimedia Commons
Sur la page imprimée, le monde d’Oz n’est pas seulement une comédie musicale haute en couleur ; c’est une série d’aventures parfois violentes et singulières, peuplée de têtes amovibles, d’animaux lobotomisés et de scènes de démembrement. Ces détails ont progressivement fait évoluer la perception publique des récits, invitant à reconsidérer ce qui se cache derrière les images enfantines.
Pour mieux comprendre le sens des Monstres volants dans le contexte du « Monstres volants Wizard of Oz », il est utile de rappeler quelques éléments historiques et biographiques relatifs à Baum :
- Avant d’écrire pour la jeunesse, Baum fut journaliste : ses chroniques comportaient des propos sur les populations autochtones qui, aujourd’hui, sont perçus comme ouvertement racistes.
- Ces prises de position publiques incluaient des appels extrêmes, où il proposait l’extermination des Amérindiens plutôt que leur assimilation ou leur dépendance.
- La littérature d’Oz, bien que merveilleuse à première vue, comporte des épisodes et des descriptions qui peuvent se lire comme des allégories de domination et de déshumanisation.
Histoire des monstres volants : un sujet inconfortable

Vidéo d’illustration : YouTube
Les circonstances entourant la création des singes ailés rendent l’analyse réellement gênante. Baum décrit, dans les livres, des peuples libres vivant dans la forêt et accomplissant des actes jugés «malicieux», puis réduits en servitude par une force extérieure.
Le portrait que trace Baum des peuples qu’il évoque dans certains textes — qualifiés tour à tour de «nobles sauvages» et d’ennemis à exterminer — jette une lumière crue sur les conceptions raciales de son époque. Ces opinions publiques, traduites dans la fiction, rendent la lecture des créatures d’Oz problématique pour le lecteur contemporain.
Interprétations et allégories

Image : Denslow / Wikimedia Commons
Dans Les Aventures d’Oz, le chef des singes ailés relate leur passé : «…nous étions un peuple libre, vivant dans la grande forêt, volant de branche en branche, mangeant des noix et des fruits, et faisant ce que bon nous semblait sans appeler personne “maître”…» Cette formulation, traduisant une nostalgie d’autonomie suivie d’une aliénation, a alimenté plusieurs lectures critiques.
Parmi les interprétations les plus répandues :
- Les singes ailés peuvent être vus comme une allégorie des peuples des Grandes Plaines, soumis puis caricaturés par une puissance étrangère.
- D’autres analyses proposent qu’ils représentent, de manière métaphorique, l’esclavage africain ou encore des forces de répression anti-syndicale (référence aux briseurs de grèves comme l’agence Pinkerton).
Ces lectures montrent à quel point un conte apparemment naïf peut refléter, consciemment ou non, des préjugés historiques. Approcher la question des Monstres volants avec une perspective informée permet d’enrichir notre compréhension culturelle et historique de l’œuvre.
