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L’équipage de la mission Artémis 2 a franchi une étape décisive ce lundi à 4h42 en pénétrant dans la sphère d’influence lunaire. Le vaisseau Orion, qui transporte trois Américains et un Canadien, a atteint le point critique où l’attraction gravitationnelle de la Lune prend le pas sur celle de la Terre, amorçant ainsi la phase finale de son approche.
Cette force gravitationnelle va désormais guider la capsule pour contourner l’astre avant de lui fournir l’élan nécessaire pour reprendre la direction de notre planète sans propulsion supplémentaire. Ce voyage marque le premier retour d’êtres humains à proximité de la Lune depuis la fin du programme Apollo en 1972.
Un équipage historique et une distance record
L’équipage se compose des astronautes de la Nasa Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman, accompagnés de leur collègue canadien Jeremy Hansen. Pour la première fois dans l’histoire de l’exploration spatiale, une femme et un astronaute noir participent à une mission lunaire, rompant avec l’exclusivité masculine et blanche des missions historiques du siècle dernier.
En s’aventurant à plus de 406 000 km de la Terre, les membres d’Artémis 2 battront le record de distance établi par la mission Apollo 13. Jusqu’à présent, aucun programme spatial russe ou chinois n’a envoyé d’humains au-delà de l’orbite terrestre basse, située à environ 400 km de notre planète.
Une observation scientifique en direct
Durant une période de sept heures, la Lune occupera la majeure partie du champ de vision des astronautes à travers les hublots d’Orion. Selon les responsables de la Nasa, l’astre leur apparaîtra aussi imposant qu’un ballon de basket tenu à bout de bras. L’événement sera retransmis en direct sur plusieurs plateformes mondiales, notamment YouTube et Netflix, bien qu’une coupure de communication de 40 minutes soit prévue lorsque le vaisseau passera derrière la Lune.
Les quatre membres de l’équipage ont suivi une formation intensive de deux ans pour apprendre à identifier et décrire les formations géologiques lunaires. Leurs observations orales, leurs notes et les clichés pris avec des appareils haute définition devraient apporter des données précieuses sur l’histoire géologique de notre satellite naturel.
Face cachée et lever de Terre
Le survol permettra à l’équipage d’observer directement la face cachée de la Lune, une zone invisible depuis la Terre. Les astronautes ont déjà pu entrevoir le bassin d’Orientale, un cratère massif souvent comparé à un grand canyon lunaire. Jeremy Hansen a d’ailleurs exprimé son enthousiasme face à ce spectacle en trois dimensions, dépassant toutes les simulations d’entraînement.
Outre l’étude du sol, les astronautes assisteront à une éclipse solaire et à des levers de Terre spectaculaires. Ces moments rappellent la célèbre photographie de 1968 qui avait transformé la perception mondiale de notre planète. Si cette mission et la suivante se déroulent sans encombre, la Nasa envisage de faire alunir des astronautes dès 2028.
