Le cerveau et la survie

Le cerveau humain est le centre de commande du corps : il indique aux muscles où aller, quand respirer et quand pomper le sang. La question provocatrice de cette section — survivre sans cerveau — interroge ce dont un être humain peut réellement se passer. Si l’on retire littéralement la matière grise, combien de temps les fonctions vitales peuvent-elles tenir ?
Sur le plan concret, perdre son cerveau entraîne une cessation quasi immédiate des fonctions qui définissent la vie consciente. On peut évoquer, de façon un peu noire, quelques « avantages » triviaux : moins de poids sur la tête, moins de chansons entêtantes dans la tête, moins de soucis liés à des débats politiques. Toutefois, ces pertes dérisoires sont éclipsées par l’effet majeur : l’arrêt progressif de l’organisme en l’absence de contrôle cérébral.
- Perte de conscience et d’identité : tout ce qui fait « vous » dépend du cerveau.
- Autonomie physiologique réduite : la régulation complexe de la respiration et de la circulation est compromise.
- Mort biologique inévitable : sans contrôle cérébral, la survie est très brève.
Comment le cerveau peut-il sortir — et quelles en sont les conséquences ?

Il existe de nombreuses façons, réelles ou fictionnelles, pour qu’un cerveau soit détaché du crâne : expériences extrêmes, accidents, ou scènes invraisemblables empruntées aux dessins animés. Dans tous les cas, la conséquence médicale est la même : une perte rapide de fonctions cérébrales irréversibles. Aux États-Unis, une personne est considérée comme légalement décédée dès lors que toute fonction cérébrale est perdue (voir https://www.livescience.com/42301-brain-death-body-alive.html).
Physiologiquement, il peut arriver que le cœur continue de battre quelques instants après l’arrêt cérébral, mais cela ne signifie pas que la personne demeure « vivante » au sens conscient. Le corps devient alors semblable à un membre amputé, privé de la coordination et de la perception qui émanent du cerveau.
Sur une note scientifique plus nuancée, des chercheurs ont récemment réussi à maintenir des cerveaux de porc viables hors du corps pendant plusieurs dizaines d’heures (voir https://www.nature.com/articles/d41586-019-01216-4). Ces avancées ouvrent des pistes pour étudier le tissu cérébral isolé, mais elles ne signifient pas que l’on puisse « survivre sans cerveau » au sens humain et conscient du terme.
En transition vers la section suivante, ces constats posent des limites nettes à l’idée de survivre sans cerveau : biologiquement possible pour certains tissus pendant un court laps de temps, mais incompatible avec la continuité de la conscience et de l’identité humaine.
