Science : une forme d’évolution épigénétique chez les fungi

Au cœur des récentes recherches en science, une équipe a mis en évidence un mode d’adaptation héritable qui ne repose pas directement sur la séquence d’ADN, mais sur des molécules fixées à sa surface. Cette découverte renouvelle notre compréhension de l’évolution en montrant que des modifications épigénétiques peuvent être transmises entre générations.

Les molécules en question sont des groupes méthyle : elles modifient l’organisation de l’ADN via des interruptions épigénétiques qui activent ou désactivent des gènes sans altérer les lettres du génome. Chez certains fungi, ces marques épigénétiques semblent persistantes et capables d’influencer des traits héréditaires sur plusieurs générations.
Les travaux se sont concentrés sur Cryptococcus neoformans, une levure pathogène impliquée dans des cas de méningite fongique. Bien que cette espèce ait perdu, il y a des millions d’années, une partie des mécanismes de méthylation, elle conserve néanmoins des modifications épigénétiques transmissibles qui participent à son adaptation.
Points clés observés :
- Les groupes méthyle agissent comme des interrupteurs épigénétiques, modulant l’expression génique sans changer l’ADN.
- Chez C. neoformans, des marques épigénétiques ont été maintenues malgré l’absence de certains systèmes de méthylation.
- Cette transmission épigénétique permet d’expliquer comment des traits adaptatifs peuvent apparaître et perdurer indépendamment des mutations génétiques classiques.
Ce mécanisme remet en question la manière dont on conçoit la transmission héréditaire et l’évolution chez les organismes simples, en particulier les fungi. Il ouvre des pistes pour mieux comprendre la dynamique de l’adaptation, la résistance pathogène et l’histoire évolutive des micro-organismes, tout en soulignant que l’ADN reste au centre des processus évolutifs.
