Science
Vous est-il déjà arrivé de profiter discrètement d’un peu de temps sur votre appareil pendant un vol international ? Pas si simple, n’est-ce pas ? Dix heures dans les airs sans pouvoir ouvrir une application ou lancer une partie de jeu, cela peut sembler interminable. Pourtant, la question du téléphone en avion ne relève pas seulement de la discipline à bord : elle touche directement à la sécurité aérienne.

Selon la BBC, les téléphones et autres appareils se connectent à Internet grâce à des ondes radio. Si ces ondes émettent à des fréquences proches de celles utilisées par l’avionique, elles peuvent interférer avec des systèmes sensibles comme la navigation, l’évitement des collisions, le radar, les communications avec le sol et les composants électroniques qui maintiennent l’appareil en vol. En d’autres termes, il s’agit d’éléments essentiels au bon fonctionnement de l’avion. Le problème devient plus préoccupant encore si un téléphone ne fonctionne pas normalement : il peut émettre un signal radio plus puissant que prévu, sans que son utilisateur s’en rende compte. Deux appareils peuvent même combiner leurs signaux et créer une perturbation potentiellement sérieuse.
Alors, un avion a-t-il déjà été victime d’un accident à cause de l’usage d’un appareil électronique ?

À ce jour, il n’existe pas de cas confirmé d’accident aérien ou de problème grave directement lié à des interférences provoquées par des téléphones portables ou d’autres appareils électroniques… du moins à notre connaissance. On aimerait croire que cela s’explique par le fait que tous les passagers suivent scrupuleusement les consignes avant le décollage. Mais la réalité est plus nuancée : il suffit d’une personne qui pense que « ce n’est pas grave si c’est juste moi » pour que le risque se multiplie. Et si plusieurs voyageurs font le même raisonnement, la situation peut vite devenir moins anodine.
Si ce scénario semble le plus plausible, pourquoi n’a-t-on jamais vu d’avion s’écraser à cause d’une addiction au téléphone ? La réponse est simple : on ne peut pas affirmer qu’un tel incident n’a jamais eu lieu. La boîte noire ne raconte pas : « Oui, c’était cet homme au siège 17E qui envoyait des messages à sa compagne. » Un rapport du Aviation Safety Reporting System datant de 2019 a pourtant recensé des témoignages faisant état de 50 incidents distincts liés à des appareils électroniques. Certains étaient préoccupants, comme ce cas où une erreur de navigation de 30 degrés a été corrigée après l’extinction du lecteur DVD d’un passager.
On aimerait aussi penser que cette règle relève simplement d’une grande prudence, ou qu’elle existe parce que l’usage du téléphone en avion est gênant et devrait être limité quoi qu’il arrive. La prochaine fois que vous hésiterez, posez-vous une question simple : cela en vaut-il vraiment la peine ?
