Le chant du coq est indissociable de l’imagerie rurale, mais la réalité biologique de cet oiseau est souvent méconnue. Contrairement à une idée reçue, le coq ne donne pas de la voix uniquement pour saluer le lever du soleil. Les riverains de poulaillers le constatent quotidiennement : ses cris peuvent retentir à n’importe quelle heure, de jour comme de nuit, atteignant un volume sonore moyen de 50 à 60 décibels.
Le rôle de l’horloge biologique
Une étude scientifique majeure, réalisée en 2013 par des biologistes de l’université de Nagoya au Japon, a permis de mieux comprendre ce phénomène. Les chercheurs ont exposé des spécimens à un cycle alternant douze heures de lumière et douze heures d’obscurité. Ils ont observé que les oiseaux commençaient à chanter précisément deux heures avant l’activation de la lumière.
L’expérience a été poussée plus loin en maintenant les coqs dans une obscurité totale durant quatorze jours. Les résultats ont démontré que les animaux continuaient de suivre un cycle régulier de 23,8 heures. Cela prouve que le chant est dicté par une horloge interne, ou rythme circadien, et non par la simple détection visuelle de l’aube.
Une fonction territoriale
Comme beaucoup d’autres oiseaux et passereaux, le coq présente deux pics d’activité sonore marqués : l’un à l’aube et l’autre au crépuscule. Si ces moments sont les plus audibles en raison du calme environnant, le chant peut se manifester tout au long de la journée. Loin de vouloir servir de réveil aux humains, le coq utilise cette puissance sonore principalement pour délimiter et affirmer son territoire face à ses congénères.
