* Science
Que se passerait-il si la Terre cessait de tourner ?
Par Mark Lambert — 24 août 2019, 16 h 36
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Commençons par une bonne nouvelle : il existe bien d’autres scénarios beaucoup plus plausibles pour la fin de l’humanité qu’un arrêt soudain de la rotation de la Terre. Aucune force connue de l’humanité — à part peut-être Superman — ne pourrait stopper net la planète bleue. Les hypothèses dans lesquelles la Terre s’arrête instantanément, ou même très rapidement, relèvent donc entièrement du scénario théorique.
La nouvelle un peu moins rassurante, c’est que si cela devait pourtant se produire un jour, les conséquences seraient catastrophiques. Imaginons le cas le plus extrême : des extraterrestres hostiles pointent un gigantesque rayon tracteur sur notre planète et bloquent sa rotation d’un coup. Selon le Smithsonian, tout ce qui n’est pas solidement fixé continuerait à se déplacer vers l’est, et pas qu’un peu. Des montagnes aux forêts, en passant par les océans, tout serait projeté dans la même direction à la vitesse de rotation de la Terre, soit environ 1 600 km/h.
Inutile de tourner autour du pot : dans un tel armageddon lié à l’arrêt de la rotation terrestre, la vie sur Terre aurait très peu de chances de survivre. À moins, peut-être, de se trouver à l’un des pôles. Comme l’explique Universe Today, les scientifiques stationnés au pôle Nord ou au pôle Sud ressentiraient à peine l’arrêt brutal de la planète. Leurs radios se tairaient soudainement, et ils resteraient isolés dans leurs stations de recherche, à tenter de comprendre ce qui s’est passé, pendant que les jours d’isolement se transformeraient en semaines. Rien de réjouissant.
Mais supposons maintenant que le rayon tracteur extraterrestre fonctionne à mi-puissance et que le ralentissement de la Terre se fasse plus progressivement, sur plusieurs décennies. Malheureusement, le tableau reste à peine moins sombre.
Les frontières entre les terres et les océans seraient profondément bouleversées. Ceux qui ont déjà été soumis à des manèges de fête foraine très rapides connaissent bien la force centrifuge : lorsqu’un objet tourne, une force apparente le pousse vers l’extérieur, loin du centre de rotation. À l’échelle d’une planète, cet effet joue un rôle essentiel dans l’équilibre de la vie telle que nous la connaissons. Pour étudier ce qui se passerait si cette énergie disparaissait d’un coup, ESRI a utilisé une modélisation GIS. Résultat : sans la poussée centrifuge, les océans du monde migreraient peu à peu vers les pôles, laissant apparaître un immense supercontinent autour de l’équateur, comme une gigantesque ceinture.
Les anciens fonds marins deviendraient de vastes plaines désertiques, tandis que les deux pôles de notre planète se transformeraient en océans profonds, immenses et impossibles à naviguer. Les êtres humains sont résistants, mais si certains survivaient à la disparition de la force centrifuge, leur situation serait tout sauf simple. Une journée durerait un an entier, et chaque partie de ce supercontinent serait soumise à six mois de lumière brûlante, puis à six mois d’obscurité glaciale.
Selon Science Focus, le seul environnement encore réellement viable pour la vie se trouverait le long des côtes, et même là, seules des formes de vie primitives pourraient probablement subsister. Autrement dit, si les toupies peuvent parfois énerver, la rotation de la Terre, elle, est une très bonne chose — et un élément fondamental de la science de notre planète.
