Quelle est la plus grosse proie qu’un serpent peut avaler ?

par Olivier
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Quelle est la plus grosse proie qu'un serpent peut avaler ?
Australie

Science

En 2019, l’Australie a une fois de plus confirmé sa réputation de pays où la faune peut sembler tout droit sortie d’un cauchemar, après la diffusion sur Facebook d’images spectaculaires d’un serpent en train de régurgiter un autre python, presque aussi grand que lui. D’après Live Science, l’animal mesurait entre 11,5 et 13 pieds de long, soit environ 3,5 à 4 mètres, et rejetait « un python encore plus gras, de longueur à peu près équivalente ». De quoi faire naître une question fascinante en science de la nature : jusqu’à quelle taille une proie peut-elle passer dans l’estomac d’un serpent ?

Serpent mangeant un alligator

Cette capacité impressionnante tient à l’anatomie singulière des serpents. Contrairement à une idée répandue, ils n’« ouvrent » pas leur mâchoire comme un mécanisme qui se décroche totalement. Comme l’a expliqué Kevin Calhoon, conservateur au Tennessee Aquarium à Chattanooga, la mâchoire du serpent n’est pas soudée au crâne : elle est reliée par des ligaments souples, ce qui lui permet de s’écarter bien davantage que celle des autres animaux. En revanche, le serpent ne mâche pas ; il avale sa proie entière, ce qui limite forcément ce qu’il peut ingérer.

La taille du serpent reste donc un facteur essentiel. Une espèce de fil de serpent observée à la Barbade est si fine qu’elle ressemble à un simple spaghetti et peut tenir confortablement sur une pièce de 25 cents américaine. Avec une longueur moyenne inférieure à quatre pouces, soit à peine une dizaine de centimètres, elle serait évidemment incapable d’avaler un python de 12 pouces, encore moins un spécimen de 12 pieds. À l’autre extrémité du spectre, le Titanoboa aujourd’hui éteint atteignait la taille d’un bus et se nourrissait probablement de crocodiles et de tortues géantes. Quant à l’anaconda, il peut avaler des caïmans de près de cinq pieds de long ; et ces colosses peuvent eux-mêmes atteindre environ 6 mètres et peser jusqu’à 150 kilos, selon Live Science.

Anaconda avec un ventre énorme

Mais la simple taille de la proie ne suffit pas toujours à mesurer l’exploit. Un autre critère, souvent plus parlant en science, est le rapport poids proie-prédateur, c’est-à-dire le poids de l’animal avalé comparé à celui du serpent. D’après Medium, l’un des ratios les plus impressionnants jamais observés chez les pythons a concerné un python birman de 31,5 livres, soit environ 14 kilos, qui a englouti un cerf de 35 livres, donc plus lourd que lui d’environ 111 %. Le serpent est mort après avoir vomi sa proie. Dans Tracks and Shadows: Field Biology as Art, un autre cas stupéfiant évoque un serpent lance-tête commun ayant avalé un animal pesant 1,6 fois son propre poids, l’équivalent pour un humain de 200 livres d’ingérer un repas de 320 livres.

Ces prouesses ont pourtant leurs limites. Un python birman de 13 pieds a même explosé après avoir avalé un alligator de 6 pieds, selon la BBC. Entre la souplesse de la mâchoire, la puissance de la digestion et les excès parfois fatals, le serpent reste l’un des chasseurs les plus étonnants de la nature. Et c’est précisément ce qui rend sa place dans l’étude de la biodiversité si captivante.

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