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Les premières tomates cerises françaises, cultivées cet hiver sous serre, font leur apparition sur les étals des supermarchés. Dans un contexte de concurrence accrue avec les importations marocaines, les producteurs nationaux voient une opportunité de regagner des parts de marché, portés par une conjoncture climatique difficile au Maghreb.
Le déclin temporaire de la production marocaine
Le Maroc, principal concurrent de la filière française avec près de 400 000 tonnes exportées l’an dernier, fait face à d’importantes difficultés. Des intempéries majeures ont frappé le pays cet hiver, notamment dans la région de Souss-Massa où une tempête a dévasté des milliers d’hectares de serres en mars. Ces événements, couplés à des inondations et de la grêle, ont entraîné une chute de la production et une hausse des prix locaux.
Cette situation exceptionnelle pèse sur les exportations vers l’Europe. Si les tomates marocaines d’entrée de gamme s’affichaient habituellement à environ 0,99 € la barquette de 250 grammes, leur présence se fait aujourd’hui plus rare. Pour les maraîchers français, ce recul forcé de la concurrence est une occasion à saisir pour réinstaller durablement le produit tricolore dans les habitudes d’achat.
L’offensive de la barquette souveraine
Pour contrer les prix bas de la main-d’œuvre marocaine, la filière française a structuré une réponse commerciale baptisée le « petit apéro français ». Proposée à 1,29 €, cette barquette aux couleurs bleu-blanc-rouge vise à séduire les consommateurs par un acte d’achat citoyen. L’objectif est de doubler, voire tripler les volumes de ventes cette année, après un lancement test de 3 000 tonnes l’an passé.
Un enjeu de souveraineté alimentaire
La tomate demeure le légume le plus consommé dans l’Hexagone, mais deux tomates sur cinq consommées en France sont encore importées. Bien que la culture sous serre chauffée au gaz soulève des questions environnementales, les producteurs soulignent la nécessité de répondre à une demande constante tout au long de l’année pour éviter de laisser le champ libre aux importations étrangères.
Les coopératives, notamment en Bretagne, espèrent que le soutien des distributeurs et la fibre patriotique des consommateurs permettront de pérenniser cette reconquête du marché. L’enjeu dépasse la simple saison actuelle : il s’agit de sécuriser la place de l’agriculture française face aux aléas climatiques et économiques mondiaux.
