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Le géant français du jeu vidéo Ubisoft a officiellement acté une réduction significative du recours au télétravail pour ses collaborateurs. Désormais, les salariés disposeront d’un quota fixe de 36 jours de travail à distance par an, ce qui représente moins d’une journée par semaine. Jusqu’à présent, le personnel bénéficiait de deux jours de télétravail hebdomadaires.
Une décision qui suscite la sidération
Cette annonce a provoqué une vive réaction de la part des représentants du personnel. Pierre-Etienne Marx, membre du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV), a fait part d’un sentiment de « sidération » parmi les équipes, alors que des demandes de renégociation des accords étaient en cours. En février dernier, ce projet avait déjà déclenché un mouvement de grève important en France.
Selon les organisations syndicales, près de 1 200 salariés sur les 3 800 que compte le groupe dans l’Hexagone s’étaient mobilisés pour protester contre cette réduction. De son côté, la direction d’Ubisoft avait recensé 538 grévistes déclarés lors de cet événement.
L’objectif de la créativité collective
Pour justifier ce virage vers un modèle majoritairement en présentiel, la direction d’Ubisoft met en avant plusieurs arguments organisationnels :
- Renforcer la collaboration directe entre les équipes.
- Favoriser la transmission des compétences et l’accompagnement des jeunes talents.
- Recréer des temps d’échanges jugés essentiels à la créativité collective.
La mesure devrait entrer en vigueur dès le mois d’octobre 2026. Toutefois, pour les entités disposant d’un accord de télétravail spécifique, l’application sera effective à partir du printemps 2027. L’entreprise a précisé qu’une attention particulière serait portée aux situations individuelles et que des discussions avec les partenaires sociaux se poursuivraient.
Un contexte économique tendu
Ce changement d’organisation s’inscrit dans une période délicate pour l’éditeur de franchises mondiales telles qu’Assassin’s Creed, Just Dance ou Far Cry. Ubisoft fait face à des difficultés financières dans un marché devenu extrêmement compétitif.
L’entreprise s’est engagée dans un vaste plan de restructuration visant à réduire ses coûts d’au moins 200 millions d’euros sur une période de deux ans. En janvier dernier, la direction avait même évoqué une volonté de retour au présentiel complet, à raison de cinq jours par semaine, dans le cadre de cette réorganisation globale.
