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Savoir : menaces mondiales méconnues

En commençant par un constat simple : notre monde recèle des dangers visibles et d’autres beaucoup moins évidents. Certaines menaces mondiales sont bien connues — on évite les produits ménagers toxiques, on sait qu’il n’est pas prudent de nager parmi les requins ou de sauter d’un toit dans une piscine — mais il en existe d’autres qui passent souvent inaperçues.
Il suffit d’un peu d’enquête pour découvrir des risques insoupçonnés qui touchent aussi bien l’individu que la collectivité. À grande échelle, des sujets comme le changement climatique et la fonte des glaces polaires occupent les esprits, mais des dangers moins médiatisés peuvent être tout aussi concrets au quotidien.
- Risques d’infrastructure : effondrements de ponts et défaillances structurelles qui peuvent survenir sans avertissement.
- Vulnérabilités numériques et matérielles : du vol d’identité aux attaques ciblant des véhicules modernes.
- Comportements quotidiens à risque : gestes courants qui, cumulés, contribuent à accentuer des menaces globales.
Faut-il connaître ces réalités ? Oui : la prise de conscience est la première étape pour réduire l’exposition aux menaces mondiales. Changer certains réflexes peut sembler minime, mais ces précautions rejoignent des enjeux plus vastes de sécurité, d’infrastructure et de résilience.
En poursuivant la lecture, gardez à l’esprit ces exemples concrets — ils relient l’histoire, la science et la culture à des décisions quotidiennes et à des choix collectifs qui influencent notre avenir commun.
La technologie connectée de votre voiture est plus vulnérable que vous ne le pensez

En poursuivant notre exploration du savoir, il est important de reconnaître que les véhicules modernes, longtemps perçus comme simples machines mécaniques, sont désormais des plateformes numériques complexes. Au lieu d’une radio à cadrans et d’une carte papier, beaucoup d’entre nous montent en voiture, connectent leur téléphone, lancent une application et laissent le système gérer l’itinéraire.
Cette évolution soulève un problème majeur : lors de la synchronisation du téléphone avec le système d’infodivertissement, des données personnelles — courriels, contacts et autres informations — peuvent être enregistrées directement dans le véhicule. Des études menées par des spécialistes de la sécurité ont montré que, contrairement aux ordinateurs ou aux smartphones, ces systèmes embarqués manquent souvent d’une protection multicouche, ce qui les rend susceptibles d’être infectés par des maliciels transmis via des points d’accès Wi‑Fi.
Les démonstrations publiques l’ont confirmé : dès 2015, des pirates ont prouvé la possibilité de prendre le contrôle à distance d’un véhicule, affectant aussi bien les fonctions de confort (essuie‑glaces, climatisation, écrans) que la transmission. Des vulnérabilités similaires ont été découvertes par la suite chez plusieurs constructeurs, certaines permettant même d’écouter les conversations à l’intérieur de l’habitacle — une preuve que la technologie embarquée peut « écouter » davantage qu’on ne l’imagine.
- Exposition de données personnelles stockées dans le système d’infodivertissement.
- Possibilité de prise de contrôle à distance de fonctions du véhicule.
- Risque d’écoute ou d’intrusion dans la vie privée des occupants.
Gardez ces éléments à l’esprit en lisant la suite : cette facette des voitures connectées illustre bien comment des innovations apparemment anodines s’inscrivent parmi les menaces mondiales contemporaines, et pourquoi la compréhension de ces risques fait partie intégrante du savoir moderne.
Les infrastructures s’effondrent à travers le monde

Poursuivant notre tour des menaces mondiales, examinons un risque tangible et quotidien : l’état des infrastructures. Quand vous traversez un pont ou ouvrez le robinet, ces éléments peuvent sembler anodins, pourtant leur dégradation représente une menace réelle pour la sécurité publique et la résilience des sociétés.
Dans de nombreux pays, les signes d’usure sont alarmants :
- Aux États-Unis, près de 4 ponts sur 10 ont 50 ans ou plus, et en 2016 on estimait à 56 007 le nombre de ponts « structuralement déficients », avec 188 millions de passages quotidiens sur ces ouvrages (Infrastructure Report Card).
- Les réseaux d’eau potable, posés majoritairement au milieu du XXe siècle, reposent souvent sur des tuyaux dont la durée de vie tourne autour de 75 ans. Conséquence : environ 240 000 ruptures de conduite chaque année, entraînant la perte de plus de deux mille milliards de litres d’eau potable (données sur l’eau potable).
- Les systèmes d’eaux usées présentent des vulnérabilités comparables et ne sont pas préparés à absorber l’accroissement démographique attendu — près de 56 millions d’utilisateurs supplémentaires sont prévus dans les prochaines décennies (informations sur les eaux usées).
- Les barrages, qui maintiennent et régulent l’eau, comptaient environ 15 500 ouvrages classés « hautement dangereux » en 2016, posant un risque important en cas de défaillance (données sur la sécurité des barrages).
Ce n’est pas seulement un problème national : le Forum économique mondial souligne que la dégradation des infrastructures est un phénomène mondial, allant de centaines de ponts menaçant ruine en Italie à des réseaux électriques défaillants en Afrique du Sud qui laissent des populations sans électricité pendant des heures.
Les estimations portent le coût d’une rénovation mondiale à l’échelle nécessaire à environ 97 000 milliards de dollars, un chiffre qui illustre l’ampleur du défi et renforce l’idée que l’état des infrastructures est l’une des menaces mondiales les moins visibles mais les plus concrètes.
Les logiciels malveillants : une menace de plus en plus inquiétante

Pour mieux comprendre les menaces mondiales actuelles, il faut revenir sur un constat simple : les logiciels malveillants n’ont cessé d’évoluer. Autrefois cantonnés aux virus et chevaux de Troie classiques, ils attaquent désormais des systèmes que l’on croyait inviolables, et ce, par des voies parfois surprenantes.
On parle souvent d’ordinateurs « isolés » (air-gapped), c’est‑à‑dire déconnectés d’Internet, précisément parce qu’ils contiennent des données hautement sensibles. Ces machines sont des cibles priorisées : elles renferment des codes, des secrets industriels ou militaires, et des informations stratégiques que l’on imaginait à l’abri.
Cependant, plusieurs techniques ont démontré que l’absence de connexion réseau n’est plus synonyme d’impénétrabilité. Parmi les méthodes découvertes figurent :
- l’exploitation des ondes sonores inaudibles via microphone et haut‑parleurs pour transmettre de faibles volumes de données à distance ;
- la capture d’informations par l’observation de voyants LED clignotants, convertis en signaux exploitables ;
- l’utilisation des variations de champs magnétiques de la machine pour extraire des données, même à travers des protections physiques comme les cages de Faraday ;
- la compromission via les lignes électriques, qui servent de canal pour faire transiter des informations hors du réseau isolé.
Autrement dit, l’idée que certaines informations sont « trop secrètes » pour être dérobées est aujourd’hui remise en question : la créativité des attaques transforme des éléments apparemment anodins en vecteurs d’exfiltration. Cette réalité illustre bien l’ampleur des menaces mondiales et la nécessité de repenser nos défenses.
Wall Street contrôlée par des algorithmes

Dans la rubrique « Savoir », l’une des menaces mondiales les moins visibles est l’automatisation des marchés financiers. L’image romantique des traders s’affairant en chemises tachées de sueur a largement cédé la place à des systèmes automatiques. Aujourd’hui, une part importante des ordres est traitée par des algorithmes de trading, dont le fonctionnement échappe souvent à l’œil humain.
Un expert en algorithmes déclarait lors d’une conférence en 2011 : « Nous écrivons ces choses que nous ne pouvons plus lire. Nous avons rendu quelque chose illisible, et nous avons perdu le sens de ce qui se passe réellement dans le monde que nous avons créé. » Ces mots prennent tout leur sens quand on examine les événements qui ont déjà eu lieu.
- Le 6 mai 2010 a eu lieu le fameux « Flash Crash ».
- À l’époque, près de 70 % des transactions sur Wall Street étaient exécutées par des algorithmes capables de décider en une fraction de seconde d’acheter ou de vendre.
- Un seul algorithme a déclenché la vente de 75 000 actions, représentant plus de 3 milliards de dollars, en l’espace d’une vingtaine de minutes, entraînant les autres systèmes dans une forme de panique algorithmique.
Le marché a fini par se redresser cette fois‑là, mais la question demeure : face à des systèmes de plus en plus opaques, quelle sera la portée de ce risque lors d’un prochain incident ? Ce type d’automatisation illisible figure parmi les menaces mondiales qu’il faut garder à l’esprit.
Un mot : Amazon

Pour saisir une des menaces mondiales les moins mises en lumière, il suffit parfois d’un seul nom. Amazon est omniprésent dans nos achats quotidiens, au point que refuser son usage devient de plus en plus difficile. Cette omniprésence cache un risque systémique qui dépasse le simple confort du consommateur.
Le danger réside dans un effet domino : en vendant souvent moins cher et en expédiant plus vite que les magasins traditionnels ou d’autres détaillants en ligne, une telle entreprise accélère la disparition de la concurrence. Selon une analyse publiée sur The American Interest, 8 600 commerces ont fermé en 2017, et entre 2001 et 2017, les emplois dans les grands magasins ont chuté d’environ 500 000. Ce sont des communautés entières et des milliers de revenus qui sont affectés.
Les conséquences se lisent aussi en termes de concentration du pouvoir économique :
- Part de marché massive : en 2018, près de la moitié des ventes en ligne étaient réalisées via cette plate-forme, ce qui attire l’attention des autorités économiques (voir l’analyse).
- Fermeture d’entreprises : plus la société gagne en puissance, plus les petits acteurs peinent à survivre, réduisant la diversité des offres pour le consommateur.
- Risque de fixation des prix : si le marché continue de se concentrer, il devient plausible qu’un acteur dominant impose, directement ou indirectement, le niveau des prix et la valeur des biens.
Au final, envisager Amazon uniquement comme un confort d’achat sous-estime son rôle dans des transformations économiques profondes. Cette dynamique illustre bien pourquoi la concentration commerciale figure parmi les menaces mondiales qu’il convient de surveiller de près.
La menace que votre voiture prenne feu

Poursuivant notre exploration des menaces mondiales, examinons un risque quotidien mais souvent méconnu : le départ de feu d’un véhicule. Ce danger, qui paraît anecdotique au premier abord, interroge la sécurité routière et nos habitudes de mobilité. Comprendre sa fréquence et ses causes permet de mieux l’intégrer parmi les autres menaces mondiales.
Les véhicules électriques, perçus comme des innovations prometteuses, font parfois la une lorsque leurs batteries lithium‑ion s’enflamment. De tels cas, largement relayés, suscitent une inquiétude immédiate — d’où la question légitime : quelle est la probabilité de voir sa voiture prendre feu en circulation ? Le constat montre que ce risque est réel et mérite d’être pris en compte sans dramatiser à outrance.
Des analyses réalisées par des organismes de sécurité routière indiquent que le danger d’incendie lié aux batteries lithium‑ion est « comparable, voire légèrement inférieur » à celui lié aux carburants classiques. Autrement dit, l’apparente spécificité des incendies de voitures électriques est nuancée par des données comparatives. Il est donc utile de considérer les feux de véhicules dans leur ensemble, toutes motorisations confondues.
- En 2015, année pour laquelle des données complètes sont disponibles, 174 000 incendies de véhicules ont été recensés.
- Ce volume correspond, en moyenne, à un incendie de voiture toutes les trois minutes.
- Même si les collisions restent beaucoup plus fréquentes, le nombre total d’incendies demeure suffisamment élevé pour retenir l’attention.
Prendre conscience de ce risque fait partie d’une approche pragmatique des menaces mondiales : il s’agit d’intégrer des risques apparemment ponctuels à une vision plus large de la sécurité. Cette vigilance n’implique pas une panique généralisée, mais invite à la prudence et à l’information. Dans la section suivante, nous poursuivrons avec d’autres dangers moins visibles mais tout aussi significatifs.
Le trafic d’organes : un fléau largement méconnu

Dans la continuité des menaces mondiales peu connues, le trafic d’organes illustre parfaitement une menace cachée et terrifiante. Ce n’est pas seulement un trope de film d’horreur : selon ACAMS Today, environ dix pour cent de toutes les transplantations d’organes impliqueraient des organes issus du trafic.
Plusieurs facteurs expliquent cette réalité : des listes d’attente qui s’allongent pendant des années, une demande élevée et la tentation d’un marché noir. Face à ces dérives, l’Organisation mondiale de la santé a appelé à réviser les directives sur les greffes pour mieux protéger les personnes les plus vulnérables.
- Vulnérabilité économique : les populations pauvres sont souvent celles qui cèdent le plus facilement, parfois pour des sommes très faibles — de l’ordre d’un millier de dollars selon certains récits.
- Exemples frappants : en 2016, une opération signalée à Islamabad a mis au jour des personnes détenues contre leur gré en attente d’un prélèvement rénal.
- Flux transnationaux : la demande provient souvent de pays plus aisés qui se tournent vers des régions où la réglementation est plus lâche et où les victimes peuvent être exploitées.
Les conséquences sont lourdes : non seulement des atteintes graves aux droits humains, mais aussi des effets en chaîne sur des communautés déjà fragilisées. En outre, des reportages récents montrent une autre facette du phénomène : des migrants fuyant la violence vendent parfois des organes pour financer leur fuite, comme l’a documenté The Guardian en 2019.
Comprendre ce trafic et ses mécanismes est essentiel pour mieux appréhender ces menaces mondiales et imaginer des réponses qui protègent les populations vulnérables.
Les abeilles disparaissent — une menace pour l’alimentation mondiale

Pour intégrer ce point au thème «Savoir», il faut mesurer l’ampleur du rôle des abeilles dans nos systèmes alimentaires. Ces insectes pollinisateurs contribuent à une part considérable de la production mondiale, bien au‑delà de la simple fabrication du miel.
Une partie importante de nos fruits et légumes dépend directement de leur activité. Parmi les cultures les plus concernées :
- pommes, fraises et autres baies;
- tomates et légumes fruitiers;
- raisins et nombreuses autres cultures maraîchères.
Quand les populations d’abeilles s’effondrent, les conséquences vont au‑delà d’une raréfaction du miel : elles menacent la sécurité alimentaire de régions entières. Des modèles d’impact indiquent que, dans certains pays, la disparition des pollinisateurs pourrait provoquer une hausse dramatique de la malnutrition et des épisodes de famine localisés.
Plusieurs facteurs expliquent cette crise des abeilles :
- l’usage intensif de pesticides;
- la propagation de maladies et de parasites;
- la perte et la fragmentation des habitats;
- la diminution de la diversité florale dans les paysages agricoles.
À ces causes s’ajoutent des pratiques agricoles concentrant de vastes zones d’une même culture. Les vergers d’amandiers, par exemple, exigent d’importants rassemblements d’abeilles pour la pollinisation, et les pertes massives observées dans ces milieux ont contribué à des chiffres alarmants lors d’hivers récents.
Considérer la disparition des abeilles comme une des menaces mondiales, c’est reconnaître qu’elle touche à la fois l’écologie, l’économie et la santé publique. Ces constats posent des questions essentielles sur la gestion des terres et la résilience de nos chaînes alimentaires.
Savoir : quand les antibiotiques perdent de leur efficacité

Poursuivant le fil du «Savoir», il est essentiel de mesurer l’ampleur d’un risque discret mais majeur : l’affaiblissement des antibiotiques, qui transforme des infections banales en menaces potentiellement mortelles.
Une simple douleur dentaire, traitée autrefois par un nettoyage et une antibiothérapie, peut aujourd’hui évoluer différemment. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la résistance aux antibiotiques figure parmi les plus grandes menaces pour la santé et l’approvisionnement alimentaire au XXIe siècle. En savoir plus (OMS).
Les bactéries responsables de pneumonies, tuberculose ou intoxications alimentaires acquièrent des mécanismes de défense qui rendent les traitements moins efficaces. Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies estime que, parmi 2,8 millions de personnes infectées chaque année par ces «superbactéries», environ 35 000 en décèdent. Source (CDC).
- Surscription d’antibiotiques par excès par le personnel médical.
- Non-respect des prescriptions par les patients (arrêt prématuré, dosage incorrect).
- Utilisation prolongée d’antibiotiques en agriculture pour stimuler la croissance des animaux.
Ces facteurs conjugués favorisent la sélection de souches résistantes. Même le développement de nouveaux antibiotiques est confronté à cette capacité d’adaptation : certaines bactéries montrent déjà une résistance aux molécules les plus récentes.
Ce constat, parmi d’autres menaces mondiales, souligne l’urgence d’une meilleure connaissance des comportements individuels et collectifs pour préserver l’efficacité des traitements et limiter les risques pour la santé publique.
Le dark web : un monde dangereux

Poursuivant notre exploration des menaces mondiales, il est essentiel de comprendre que l’invisible peut être particulièrement nocif. Internet est immense : selon une estimation citée par Kaspersky, les internautes ordinaires n’ont accès qu’à environ 10 % de tous les sites web.
Le reste se trouve sur le « deep web », c’est-à-dire la partie du réseau non indexée par les moteurs de recherche classiques. Une grande partie de ces espaces est inoffensive, mais une portion — le dark web — abrite des activités illégales et opaques.
Le dark web se distingue par les éléments suivants :
- accès via des navigateurs spécialisés et souvent des invitations ;
- offres de produits et services illicites non répertoriés ailleurs ;
- utilisation fréquente de cryptomonnaies pour les paiements.
On peut y trouver une grande variété d’objets et de services illicites — des drogues aux numéros de cartes bancaires — comme le décrit Interesting Engineering. Ces transactions ne restent pas virtuelles : elles alimentent des crimes concrets et organisés.
En 2018, une opération conjointe des forces de l’ordre a abouti à la fermeture de deux places de marché majeures du dark web, responsables, selon un communiqué officiel, de l’échange de plus de 350 000 biens illicites, la plupart réglés en bitcoin. Ce cas illustre bien pourquoi les menaces cachées peuvent avoir des conséquences très réelles.
Autrement dit : l’absence de visibilité n’exonère pas du danger — et le dark web demeure l’une des menaces mondiales à surveiller de près.
Savoir — Le passage de 760 ans, une menace statistique

Pour prolonger la réflexion sur les menaces mondiales, voici une hypothèse qui tient davantage de la statistique que de la prophétie. L’« argument du jour du jugement » propose une manière contre-intuitive d’estimer la durée restante d’une espèce en se basant sur sa durée passée.
Le point de départ, tel qu’exposé par l’astrophysicien J. Richard Gott, repose sur une observation simple : tout phénomène observable a un début, un milieu et une fin. En examinant la longévité passée de nombreux phénomènes, Gott a dégagé une corrélation entre la durée écoulée et la durée à venir.
Concrètement, l’argument se résume ainsi :
- On suppose que votre position parmi tous les individus jamais nés est aléatoire.
- Si environ 100 milliards de personnes sont déjà nées, ce chiffre représenterait le « milieu » statistique.
- Lorsque 100 milliards de personnes supplémentaires seront nées, on considérerait que l’espèce a atteint sa fin probable selon ce raisonnement.
En partant de l’estimation actuelle d’environ 130 millions de naissances par an, atteindre ces 100 milliards supplémentaires pourrait prendre approximativement 760 ans. Selon le calcul, cela traduirait une probabilité proche de 50 % que l’humanité ne survive pas au-delà de cette période.
Cette approche a suscité de vives critiques : beaucoup y voient un tour de passe-passe mathématique plutôt qu’une prédiction fiable. Néanmoins, elle offre une perspective intrigante sur la façon dont la durée passée peut être utilisée pour formuler des pronostics, et rappelle que certaines menaces mondiales peuvent apparaître sous la forme de paradoxes statistiques autant que de dangers immédiats.
En guise de transition vers la suite, cette réflexion montre combien différentes méthodes — historiques, scientifiques ou probabilistes — peuvent enrichir notre compréhension des menaces mondiales.
Nous sommes incapables de prévoir ce qui va nous nuire

Pour mieux comprendre certaines menaces mondiales, commençons par un constat simple : nous surestimons souvent notre capacité à anticiper les catastrophes. Les prouesses technologiques et les structures imposantes entretiennent l’illusion d’un contrôle total, alors que l’histoire révèle notre incapacité à prévoir les pires dommages.
Par exemple, la découverte de la radioactivité et du nucléaire a ouvert des possibilités immenses sans que l’on imagine immédiatement qu’elles pourraient donner naissance à des armes capables d’anéantir des populations. De la même façon, l’agrandissement constant des voitures, la consommation énergétique croissante et la dégradation des océans se sont faits sans que beaucoup prennent la mesure des conséquences climatiques à long terme.
Une clé pour comprendre cette cécité collective tient à nos biais cognitifs : de nombreuses études montrent que l’optimisme biaisé altère notre jugement. Plus nous souhaitons qu’un événement se produise, plus nous le jugeons probable ; à l’inverse, ce qui nous effraie paraît souvent moins réaliste.
- Découvertes et innovations pouvant se transformer en risques imprévus (ex. : nucléaire).
- Comportements collectifs qui aggravent des menaces à long terme (ex. : changement climatique lié à l’usage massif de véhicules).
Concrètement, cela signifie que certaines menaces mondiales sont sous-estimées parce qu’elles sont inconfortables à envisager — et paradoxalement, ce sont souvent celles qui finissent par se réaliser. Allez, apocalypse zombie : l’image est forte, mais elle illustre bien comment notre optimisme nous empêche parfois d’évaluer correctement les risques.
Ce constat sur notre manière d’envisager l’avenir prépare le terrain pour examiner, dans les sections suivantes, comment mieux détecter et réduire ces menaces mondiales.
