Ascension et campagne d’Alexandre

Pour situer rapidement le contexte : Alexandre III naît en 356 av. J.-C. dans le royaume hellénisé de Macédoine. Élevé et instruit par Aristote, il se forge très tôt une réputation de courage et de vigueur. La légende veut qu’à 12 ans il ait dompté un étalon indomptable — un épisode interprété par ses contemporains comme un signe de destinée exceptionnelle.
À 20 ans, après l’assassinat de son père Philippe II par un garde du corps nommé Pausanias, Alexandre monte brusquement sur le trône. Il agit vite pour éliminer ses rivaux et affirmer son autorité : stabiliser la Macédoine et réprimer les premières contestations en Grèce deviennent ses priorités immédiates.

La réaction d’Athènes et de Thèbes face à la vacance du pouvoir macédonien attise les tensions. Demosthène tente de restaurer l’influence athénienne sur la Ligue de Corinthe, tandis que Thèbes expulse la garnison macédonienne. Ces défis précipitent la riposte d’Alexandre, qui lance une série d’opérations destinées à asseoir son contrôle sur la péninsule.
- Itinéraire : son avancée traverse les Balkans, touche l’Égypte (nord de l’Afrique) et s’enfonce en Asie Mineure, incluant la Syrie et la Perse.
- Vitesse : en seulement 13 ans, Alexandre étend son autorité sur un territoire s’étalant sur près de 3 000 miles.
- Impact : à 33 ans, il est la figure dominante du monde classique, résultat d’une campagne éclair et soutenue.

Un élément clé de ce succès militaire tient à l’arme tactique centrale de la Macédoine : la phalange. Conçue sous Philippe II et perfectionnée par Alexandre, la phalange macédonienne est une formation compacte de fantassins équipés de longues lances. Organisée en rangs serrés — la description traditionnelle évoque huit rangées, se relayant pour maintenir une pression continue — elle fonctionne comme une forteresse mobile capable de neutraliser l’infanterie hoplitique et de résister à la cavalerie.
La cohésion et la discipline de la phalange, combinées à la rapidité des opérations et à la détermination du commandement, expliquent en grande partie la rapidité des conquêtes d’Alexandre. Cette formation restera la référence sur les champs de bataille durant près de trois siècles, jusqu’à ce que des tactiques nouvelles, comme celles de la légion romaine, finissent par l’écarter.
En transition vers la section suivante, ces éléments — légitimité, répression des oppositions internes, mobilité stratégique et supériorité tactique de la phalange — éclairent la manière dont Alexandre le Grand a su transformer un royaume régional en un empire d’étendue inédite.
