Découverte du sous-marin USS Grayback après 75 ans de mystère

par Olivier
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Découverte du sous-marin USS Grayback après 75 ans de mystère
États-Unis, Japon

Histoire

Après 75 ans de silence, l’énigme entourant la localisation du sous-marin américain USS Grayback a enfin trouvé sa réponse, et tout est parti d’une simple faute de frappe corrigée. Ce détail apparemment minuscule a permis de résoudre un pan méconnu de l’histoire militaire de la Seconde Guerre mondiale, au large d’Okinawa.

Le récit remonte aux derniers mois du conflit, le 28 janvier 1944, lorsque le Grayback, l’un des sous-marins les plus efficaces de l’US Navy pendant la guerre, quitte Pearl Harbor avec un équipage de 80 hommes. Cette mission sera la dernière. Le navire ne reviendra jamais au port, laissant derrière lui des décennies d’incertitude et de spéculations.

Selon le New York Times, la marine américaine ignorait pendant longtemps ce qu’il était advenu du bâtiment. Un rapport établi en 1949, qui répertoriait les 52 sous-marins perdus pendant la guerre, situait le naufrage du Grayback en haute mer, à environ 160 kilomètres à l’est-sud-est d’Okinawa. Pendant des années, cette version a servi de référence, malgré ses zones d’ombre.

En réalité, ce rapport reposait sur une traduction imparfaite de documents de guerre japonais. Une seule erreur de chiffre dans les coordonnées avait déplacé l’épave supposée bien loin de sa véritable position, brouillant durablement les recherches sur le sous-marin disparu. Dans l’histoire de l’USS Grayback, cette erreur de copie a suffi à détourner les pistes pendant des décennies.

La faute de frappe qui a permis de retrouver l’USS Grayback

L’erreur n’a été repérée qu’en 2018, lorsque le chercheur amateur Utaka Iwasaki a commencé à étudier les archives navales de la base impériale japonaise de Sasebo. Il y a découvert un message radio daté du 27 février 1944, indiquant qu’un bombardier embarqué Nakajima B5N avait largué une bombe de 500 livres sur un sous-marin en surface, touchant la coque juste derrière le massif. L’explosion aurait été instantanée, sans survivant.

« Dans ce message radio, il y a une longitude et une latitude de l’attaque, très clairement indiquées », a expliqué M. Iwasaki. Ces données plaçaient l’action à plus de 160 kilomètres de l’emplacement mentionné dans le rapport de la marine américaine. Cette différence a changé le cours des recherches et relancé l’enquête historique autour du sous-marin WWII USS Grayback.

La découverte a ensuite été transmise au plongeur et explorateur sous-marin Tim Taylor, engagé dans une mission visant à retrouver toutes les épaves de sous-marins américains de la Seconde Guerre mondiale. Il avait localisé son premier en 2010 et poursuivait l’objectif de retrouver les 47 autres bâtiments qui n’avaient ni échoué ni été détruits autrement, selon CBS.

Lors du dernier jour de son expédition consacrée au Grayback, Taylor et son équipe ont finalement mis la main sur l’épave. Ils ont distingué le canon de pont arraché du sous-marin lors de l’explosion, ainsi qu’une plaque sur le massif portant clairement l’inscription « U.S.S. Grayback ». Pour les historiens comme pour les familles des marins, cette identification a mis fin à un mystère vieux de 75 ans.

La découverte s’est accompagnée d’un hommage sobre en mémoire des 80 marins disparus. Si leur destin s’est achevé tragiquement, la redécouverte du USS Grayback a offert à leurs proches une réponse attendue depuis des décennies, refermant enfin l’un des disparus les plus marquants de l’histoire navale américaine.

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